vendredi 12 décembre 2014

Dernières acquisitions... (version papier)

... seront -ils les premiers lus dans ma Pal qui s’agrandit encore ?
Mystère ! Mais j'ai commencé l'un d'eux et je lirai en priorité les partenariats.

Justement, commençons par les partenariats (et je tiens à remercier les éditions Rivières blanches et le forum "Au coeur de l'Imaginarium pour ces superbes livres). Mes problèmes de santé ont retardé leur lecture, mais je me doute qu'une fois commencés, je vais avoir beaucoup de mal à les lâcher.


  
Un recueil de nouvelles SF, "Dimensions écologies étrangères" 
et quelques cartes que je vais pouvoir ajouter à ma collection.



Deux romans de SF, tout aussi tentants que le premier ! 
"Et le vent se mit à souffler" de Gabriel Jan
"Katorga" de JM. Archaimbault


Viennent deux livres reçus mercredi: l'un d'entre eux me faisait de œil depuis sa sortie: Le Flibustier du froid de Ludovic Rosmorduc. Et un deuxième offert par les éditions du Riez pour la commande passée: Dernière semaine d'un reptile de Franck Ferric. (offre du moment sur la boutique). J'ai eu également un beau lot de cartes avec mon colis. *contente*



 La couverture du Flibustier du froid est très belle ! 


Une magnifique carte grand format...


... et d'autres cartes qui vont rejoindre ma collection.

Les deux derniers sont arrivés aujourd'hui même: deux superbes livres des éditions Voy'[el].Ce sont à l'origine des séries sorties tout d'abord en numérique. J'avoue ne pas réussir à me fixer sur les séries. Je lis souvent un épisode, puis je passe à autre chose. La version intégrale papier est une excellente solution pour moi.


J'avais lu et adoré le premier épisode de "La Brigade des loups" de Lilian Peschet
Je vais pouvoir enfin lire la suite !
J'ai hâte de découvrir "Nécromanciennes" de Corinne Guitteaud. 

C'est tout pour aujourd'hui et heureusement pour ma Pal, mais Noël approche et j'ai pré-commandé Rédemption que je devrais recevoir à la mi-janvier.

Dans le prochain article je ferai un état des lieux de mes dernières acquisitions en numérique. 




dimanche 7 décembre 2014

Petit bilan: mes lectures de novembre

En novembre, j'ai lu:
- La voleuse sans ombre d'Emily Gee
- De mémoire d'homme, d'élodie Philippe
- Tintamarre des sens (recueil de nouvelle)
- Le royaume des devins de Clive Barker
- Sans forme de Gail Carriger

Si je devais résumer ce bilan en deux mots, ce serait "diversité" et "surprises".

Diversité: si certains romans relèvent de la SFFF (on retrouve de la SF, du fantastique et du steampunk) ce sont des romans ayant une identité propre voire atypique dans le genre qui les caractérise. Le recueil de nouvelles érotiques contribue, bien évidemment, aussi à cette diversité.
Surprises: de bonnes surprises ! C'est bien aussi de lire des romans qui ne correspondent pas aux attentes que l'on pouvait avoir au départ.



Commençons par le défi de novembre (proposé par Au cœur de l'imaginarium): lire un roman dont l'auteur ne soit ni français, ni anglais, ni américain.
J'ai choisi "La voleuse sans ombre" d'Emilie Gee, Néo-Zélandaise



Voilà l'une des grandes surprises de ce mois de novembre. Au vu du titre, je m'attendais à une histoire de Fantasy mettant en scène une voleuse. Bref, je prévoyais une histoire bien sympathique pour une lecture-détente. Je ne m'attendais pas à trouver un récit doté d'un univers original avec des personnages attachants, échappant aux stéréotypes habituels. Bien que la fin soit prévisible, j'ai passé un agréable moment à la lecture de ce roman et relevé le défi sans difficulté.



Un petit mot sur les "lectures en partenariat" avec  De mémoire d'homme, d'Elodie Philippe et Tintamarre des sens (recueil de nouvelles)

Les chroniques sont en cours de rédaction. (J'ai pris un peu de retard à cause de mes soucis de santé). Elles arriveront bientôt sur le forum et sur le blog. Je m'attarderai donc plus longuement dans celles-ci. Je remercie Au coeur de l'Imaginarium, Les éditions Kitsunegari, Les éditions L'encre parfumée de Lys et Chocolat Cannelle pour ces découvertes. 
Les livres et marque-pages sont très beaux !


Un roman SF original et plaisant.


Un recueil que j'ai apprécié, avec quelques nouvelles "coup de cœur" 
qui m'ont vraiment touchée.




En lecture commune, avec Ninik, nous avons lu Le royaume des devins de Clive Barker.
Ce n'est pas la première fois que je lis cet auteur. Je l'avais découvert avec Imajica qui m'avait fortement marquée. J'avais également lu Abarat en VO (plus jeunesse), dont j'avais aimé l'univers et les personnages. On retrouve la touche de l'auteur dans "Le royaume des devins", et plus encore. Ce roman est excellent (si ce n'est quelques personnages caricaturaux, mais on passe vite dessus). La capacité de Clive Barker a créer des mondes, à les entremêler les uns aux autres est fascinante. Je relirai bientôt, car je suis sûre qu'à la deuxième lecture, je détecterai des subtilités qui m'avaient échappées à la première.


Quel plaisir de retrouver les aventures d'Alexia Tarraboti dans le tome 2 du Protectorat de l'ombrelle! J'adore ce personnage ! Ou je devrais dire ces personnages... Et les dialogues sont juste savoureux, l'intrigue palpitante et bien menée et la touche steampunk bien dosée. Parfait !
J'étais heureuse de voir que ma bibliothèque possède cette excellente série et je n'ai pas résisté. Par contre, je me suis détestée pour ne pas avoir emprunté le tome 3 dans la foulée. Le suspense en cette fin de deuxième tome est intenable. 
J'ai également hâte de pouvoir découvrir ce deuxième tome sous sa version manga.



Ce bilan s'achève. 
Je vais essayer de le renouveler chaque mois. (j'ai bien dit "essayer", tout dépendra du temps dont je dispose...)


Je vous souhaite de bonnes lectures pour le mois de décembre 
et beaucoup de livres sous le sapin!


samedi 29 novembre 2014

Funestes murmures, de Nathy





résumé
Recueil de nouvelles fantastiques de Nathy préfacé par Denis Labbé.

La mort prend bien des visages, parfois, elle peut être la compagne de toujours ou bien être la pire crainte.
Ici, Nathy nous emmène au travers de six nouvelles dans des rencontres parfois inattendues. L’auteur joue avec les clichés éculés, les clins d’œil et les références tant musicales que littéraires.


mon avis :


Le recueil « Funestes murmures » débute par une préface de Denis Labbé (auteur, écrivain, traducteur et critique) qui donne le ton, sans trop en dévoiler, et suscite l’envie de découvrir l’univers de l’auteur : une bonne entrée en matière donc, pour commencer sa lecture.
L’univers de Nathy apparaît aussi bien sous forme de nouvelles que d’illustrations. Ces dernières ponctuent le recueil et introduisent chaque nouvelle, accompagnement agréable, puisqu’il contribue à créer l’atmosphère, à s’en imprégner pour se lancer dans la lecture. Dommage cependant que le rendu noir et blanc de la liseuse ne soit pas toujours satisfaisant.

L’ atmosphère toujours sombre et cruelle, commune à chaque nouvelle apporte une cohérence et du liant à l’ensemble du recueil. Le lecteur ne doit pas s’attendre à des fins heureuses.
Nathy accorde beaucoup d’importance à ses personnages, elle leur offre un panel d’émotions, bien transcrit par une écriture fine et élégante, oscillant entre mélancolie, amertume, angoisses et peurs.

Si les nouvelles sont centrées sur les personnages et leur ressenti, un personnage symbolique récurent se retrouve à travers tout le recueil: la faucheuse, ou les démons qui la servent. La mort n’y est pas neutre, mais joueuse, séductrice pour mieux attraper ses proies. Dans ce jeu, où elle maintient ses victimes piégées au centre d’une toile tissée avec patience, elle sort toujours gagnante. Sa présence teinte le recueil d’une sensualité morbide, toujours douloureuse, et souvent trompeuse.
La fin inéluctable, plus ou moins bien vécue par les personnages, s’avère bien souvent ironique, voire cynique.

Les nouvelles sont bien construites. La plume soutenue de l’auteur leur apporte beaucoup de style, cependant elle laisse parfois une impression de froideur. La première nouvelle par exemple semble plus lisse que les autres. Le lecteur peut donc facilement passer à côté de certaines d’entre elles, tout dépend de sa sensibilité.

En conclusion: J’avoue être passée totalement à côté de la première nouvelle, malgré le style impeccable de l’auteur. Si le style est soutenu, il peut sembler froid, sans passion. La description du ressenti du personnage principal y est très détaillé, trop peut être, au détriment de l’histoire et de l’intrigue. J’ai cependant apprécié les nouvelles suivantes, bien menées, bien écrites et cyniques à souhait. Une bonne lecture au final. Je lirai volontiers d’autres écrits de Nathy.

jeudi 20 novembre 2014

Wish list (1)

Ma wish list devient impressionnante par sa longueur. Ces derniers temps n'ont pas été propices à la faire diminuer, bien au contraire: entre un "budget livres", qui s'amoindrit (c'est la crise que voulez-vous...) et des sorties propres à envoûter tout lecteur averti.
Il est donc grand temps de faire un tri et de convenir des priorités !

Alors dans le désordre,  me tentent grandement et feront sûrement partis de mes prochaines acquisitions :

 
image



tome 1

couverture

doctorwholivre Un livre Doctor Who pour les 50 ans de la série !

Livre numérique La Maison des Vosges, tome 1


Lettres écarlates



Il y en a tant d'autres que j'aimerais ajouter, mais il faut rester raisonnable !


mardi 28 octobre 2014

Sur les ruines du monde, de collectif (éditions House Made of Dawn)



résumé
Sur les ruines du monde, une anthologie composée de 10 histoires apocalyptiques, présente le travail d’auteurs actuels de la scène fantastique française. 10 décors, 10 ambiances, 10 fables terribles qui dépeignent la fin de notre civilisation. Entre poésie, violence et mystère, laissez-vous guider à travers les ruines des grandes cités et les paysages dévastés à la recherche de la réponse à une question : Que resterait-il de l’humanité sans la civilisation ?

1 Schrödinger (V.F.F Pouget) : Enfermé dans une cellule minuscule pour les prochaines années à attendre que le monde s’auto-détruise, le héros de cette histoire se demande s’il a finalement fait le bon choix en acceptant cette proposition.

2 Le sac koala (Nathalie Haras) : Quelques jours avant l’arrivée de la météorite, la population fuit vers le sud pour éviter le point d’impact. Mais ce père, lui, fonce vers le nord avec une seule idée en tête : retrouver sa fille.

3 La fête (Lionel Dulout) : A travers les ruines silencieuses de notre monde, la Fête sans fin suit son cours, éphémère et insouciante. Jusqu’au jour où ils s’installent près de cette tour gigantesque où les secrets du passé sont enfermés.

4 M. le Vétérinaire fait sa tournée (Stéphane Pihen) : Dans une Haute-Normandie ravagée par la crise économique, M. le Vétérinaire prèpare son repas du soir après sa tournée journalière : jus de betterave et chaton mort-né.

5 L’adieu à la reine (Annaiq le Quellec) : L’humanité fuit la Terre, caillou desséché dont toutes les réserves ont été outrageusement épuisées. Une femme vient assister à un spectacle étrange : on brûle ce qui reste de la grande flotte espagnole dans le port de sa ville. La fin d’un monde et la fin d’une époque.

6 Mars (Renaud Ehrengardt) : Benjamin et Rafael ont dix ans. Il est temps pour eux de passer leur initiation. Le sage du village les envoie chercher un objet mystérieux par-delà la Montagne Bleue, là où vivent les fantômes.

7 Au nom d’Athée (Mathieu Dugas) : Après avoir traversé la moitié de la planète à la recherche de sa femme, Paik Young Il devra affronter des pirates toulonnais qui se sont installés sur les côtes ainsi qu’une secte aux mœurs étranges adorant un Dieu mystérieux répondant au nom d’Athée. Dans une Provence sans foi ni loi, il devra se battre pour survivre et retrouver son épouse.

8 Protéger et servir (Thomas Baronheid) : La vie se déroule paisiblement dans le Foyer. Les robots pourvoient à tous les besoins des humains sans qu’ils aient à se préoccuper du monde extérieur, qu’ils n’ont jamais vu. Mais un jour, ce havre de paix est bouleversé par une étrange attaque…

9 Sur les traces du Dragon-Tangible (Anthony Boulanger) : Le monde est noyé dans une épaisse fumée noire et toxique. Seul moyen de repousser ces volutes mortelles : les hydrocarbures. S’étant installés sur les aires d’autoroute, les survivants s’interrogent sur les traces étranges retrouvées un matin au bord de la route et qui évoquent une créature mythique issue du nuage obscur : le Dragon-Tangible.

10 Derrière le désert (Svetlana Kirilina) : Qu’y a-t-il au-delà de ce désert apparemment sans fin qui cerne le petit village de Mara ? Une question qui l’obsède depuis son plus jeune âge. Poussée par les voix mystérieuses qui émanent du désert, elle envisage d’entreprendre cet ultime voyage au bout de l’inconnu.

Mon avis
Les nouvelles proposées sont différentes aussi bien sur le fond (axe choisi) que sur la forme (taille et narration, style différents). Chacune d’entre-elles possède pourtant un point commun : elles se centrent toutes sur l’histoire de personnages pris dans la tourmente de fin du monde. Cette fin ne représente pas, en elle-même, le sujet principal. Comme le titre le précise, le lecteur se trouve projeté sur les ruines de mondes en perdition: soit parce que la fin a déjà eu lieu et que les survivants s’organisent (sur la terre et ce qu’il en reste, sur les restes de notre civilisation, ou même ailleurs, loin de ses ruines, ou sur une autre planète), soit parce qu’elle arrive (plus ou moins vite) et que le monde tel qu'on l’a connu n’existe déjà plus. D’ailleurs, jamais cette fin du monde n’est décrite, dans aucune de ces nouvelles. Souvent les auteurs restent vagues sur les événements qui l’accompagnent. Quand elle est explicitement citée, on retrouve des causes banales comme l’arrivée d’une météorite, d’un cataclysme. Seulement dans la nouvelle « Sur les traces du dragon tangible » la fin du monde, tel que nous le connaissons, s’avère particulièrement originale, car elle survient suite à un enténèbrement mondial et à la perte du soleil. Cette nouvelle s’appuie entièrement sur les suites de cet événement. 

Face aux dangers, les personnages se trouvent confrontés à un choix: celui d’affronter les événements ou de les fuir au sens propre comme au sens figuré. Evidemment, quand arrive la fin du monde, la question reste la même : que ferions nous ? (pour faire face à ce qui la précède ou ce qui la suit ) Ici les personnages connaissent les tourments du choix, mais une fois la décision prise, ils le vivent comme une libération. Dans la possibilité de choisir, réside la liberté d’influer sur son destin. 
Pour la plupart, le choix de fuir s’impose, pourtant cela n’empêche pas les hommes de construire leur propre prison : « Schrödinger » en est un parfait exemple. En effet, le choix s’avère essentiel. Le personnage principal accepte d’être enfermé pour un projet de repeuplement de la planète. Après quelques années d’isolement, il ignore quel est l’état actuel du monde extérieur. Y a-t-il des survivants ? Est-il seul au monde ? Que fera-t-il ? Va-t-il sortir pour affronter ce monde extérieur, quand tant de données inconnues subsistent ? Malgré l’enfermement, pour lui, choisir c‘est se libérer d’un poids : la conclusion de la nouvelle l’illustre particulièrement bien. 
Dans « La fête », les survivants fuient la réalité et le monde extérieur en se réfugiant dans une bulle de fête, mêlant alcool, drogue, et danse comme moyen ultime de s’exprimer. Aucun éloignement de cette « bulle », donc de cette fête permanente et de ses effets abrutissants, n’est permis. Ce choix devient vite une prison. On retrouve ce concept dans « Protéger et servir » où les humains sont enfermés dans des couveuses avec des robots qui s’occupent de leur bien être, mais se voient privés de tout libre arbitre. 
La fuite observée s’avère très différente dans « Le sac Koala », car involontaire. Une petite fille autiste, prisonnière de son propre monde, s’y réfugie coûte que coûte et ne semble pas prendre conscience de ce qui se passe autour d’elle. Seuls les inconforts et désagréments qui leurs sont liés l’interpellent: le personnel de l‘hôpital l‘abandonne pour fuir et plus personne ne s’occupe d’elle. Seule la faim finit par la faire réagir.

La fin du monde annonce également le temps des regrets : de la civilisation, du confort ou de ses propres actes, volontaires ou non.
Dans « Schrödinger » , le personnage fait face à l’enfermement et à l’isolement en s’absorbant dans la culture qui fut la sienne : il enchaîne musiques, films et livres, qu‘il a visionnés, écoutés déjà mille fois. Mais peut lui importe, il s‘accroche aux souvenirs de sa vie passée. On comprend que son enfermement fut une décision difficile à prendre et qu’il regrette sans doute maintenant, même s’il doit s’en accommoder. Si sa femme l’avait retenu, peut être aurait-il refusé. Peut être était-ce plutôt, à l’origine, du bluff pour essayer de la faire réagir. 
Dans « le sac Koala » c’est Paul qui regrette amèrement d’avoir laissé sa fille dans un institut et se demande comment elle affronte les événements, entourée d’étrangers. On ne peut que lui donner raison, quand on sait qu’elle se retrouve seule, abandonnée par ceux sensés s‘occuper d’elle. La double narration proposée par l’auteur, le journal de Paul, la narration du point de vue de sa fille, joue de cette tension et sollicite la compassion du lecteur. La culpabilité et la prise de conscience de Paul aurait-elle été aussi vive, sans l’arrivée de la fin du monde ?
« Au nom d’Athée » nous propose une vision légèrement différente, mais très intéressante. Ray Young-Il regrette la vie qu’il aurait pu avoir, une vie de famille, avec sa femme et leur enfant, dont on l’a éloigné en l‘envoyant en prison. C’est parce qu’il les cherche et qu’il veut rattraper le temps perdu, qu’il se trouve entraîné dans bien des mésaventures : son passé influence son destin de façon insoupçonnée. 

La fin d’un monde, peut également signifier l’évolution de notre monde, un changement radical, voire d’autres civilisations qui le remplacent. 
Certaines nouvelles nous dépeignent un monde sombre et impitoyable qui se superpose au notre, un monde qui se détériore et court à sa propre perte. La population y vit dans la misère, sans espoir de voir son sort s’améliorer et cherche la moindre source de réconfort : dans une vie de famille à reconstruire, dans une religion à trouver, ou dans la foi en l’humanité à retrouver. Parallèlement, les comportements déviants, cruels et impitoyables se généralisent.
C’est le cas pour « Monsieur le vétérinaire fait sa tournée », où se propagent insécurité, maladies et bidonvilles dans la ville du Havre, ou dans « Au nom d’Athée » où des pirates esclavagistes et fanatiques religieux sans scrupules entraînent leur monde, de manière plus ou moins subtile, dans une folie barbare. 
D’autres nouvelles présentent leurs univers sous un jour différent et coupent définitivement du mode de vie de notre civilisation. Les ruines, seuls vestiges de celles-ci, deviennent l’objet d’une quête ou d’une initiation, comme s’il était possible de tirer leçon des erreurs du passé, alors que ces civilisations éteintes continuent à exercer leur fascination. Dans « Mars », deux adolescents n’échappent pas à la « traditionnelle » aventure initiatique que leur impose leur village et partent visiter les ruines de l’ancien monde. La nouvelle propose un joli retournement de situation et un peu d’humour mêlé d’espoir à la fin. Dans « Derrière le désert » l’exploration se fait plutôt énigmatique et les traces du passé mystérieuses et envoûtantes. 
« Sur les traces du dragon tangible » diffère de ces nouvelles, puisque notre monde change suite à un phénomène d’enténèbrement. Le soleil disparaît, coupé de la terre par des nuages qui envahissent notre terre. D’étranges et dangereuses créatures les accompagnent. Les hommes s’organisent face à cette nouvelle menace. L’univers décrit est le plus riche et le plus fascinant du recueil. Cependant , l’exploration de l’univers de la petite fille autiste, ou plutôt du reflet de notre univers tel qu’elle le conçoit, est tout aussi intéressant.

En conclusion, le recueil propose une vraie réflexion et une vraie cohérence dans le choix de ses nouvelles. Chacune se démarque par son style et sa narration, mais le style de chacune est fluide et agréable à lire. Certaines nouvelles sont courtes, voire bien trop courtes ! J’aurais par exemple aimé en lire un peu plus sur l’univers riche et passionnant de « Sur les traces du dragon tangible » dont la fin arrive un peu abruptement. Ce format court fut pourtant approprié pour «  L’adieu à la reine », fort bien écrit et intense, bien que peu développé. 
D’autres nouvelles sont longues, voire bien trop longues: il m’a été difficile d’arriver au bout de « La fête » et «  Derrière le désert » qui auraient pu être plus percutantes en supprimant quelques incohérences et longueurs, les rendant confuses. Par contre, « Au nom d’Athée » fait partie des plus longues, mais elle s’est révélée si passionnante, qu’elle se dévore rapidement. Cette nouvelle est d’ailleurs un vrai coup de cœur !
Parmi les autres nouvelles du recueil j’ai également beaucoup apprécié « Le sac koala » et « Mars », tout deux touchantes à leur façon, ainsi que « Schrödinger», première nouvelle du recueil qui propose une bonne entrée en matière.
Globalement, la lecture fut donc très agréable.