dimanche 13 décembre 2015

La petite fée de Noël d'Eve Terrellon

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Résumé
Il y a longtemps, Pierre a rencontré un être unique et merveilleux : une Petite Fée de Noël, qui pour combler un de ses souhaits, n’a pas hésité à accomplir un acte interdit. Pierre a grandi en oubliant ses rêves d’enfants. Mais lorsque la veille de Noël, il rencontre une jeune femme un peu extravagante dans un magasin bondé, c’est comme si la magie revenait dans sa vie.
Le coup de foudre qu’il éprouve pour Gaëlle est réciproque. Leur idylle pourrait être parfaite. Pourtant, de nombreux mystères entourent Gaëlle, qui souffre de devoir se cacher de Pierre. Les deux amoureux sauront-ils se faire suffisamment confiance pour survivre aux trois cent soixante-cinq jours qui les séparent du Noël suivant ? Entre la jalousie d’une assistante éconduite et les manigances d’un fiancé aussi encombrant que rusé, les embûches seront nombreuses.


Mon avis


Les fées de Noël se présentent aux enfants qui croient en elles et exaucent leurs souhaits. A 6 ans, Pierre croit encore à son amie la fée qui vient lui rendre visite, comme chaque année, la veille de Noël. Seulement, son frère sème le doute en lui et elle disparaît. Pour le réconforter, elle lui offre un cadeau et se compromet. Punie elle doit rester dans le monde des humains pour 22 longues années. Avant que la punition ne s’achève, elle retrouve Pierre.

Pierre est un personnage attachant. Petit garçon tendre, sensible à la magie et aux fées, il devient un adulte à la vie bien rangée. Pourtant, il n’a pas perdu de sa gentillesse, même s’il y a bien longtemps qu’il ne croit plus aux fées. Quand il retrouve la sienne, devenue Gaelle, spécialiste en effets spéciaux, il ne la reconnait pas, mais c’est le coup de foudre. 

Gaëlle n’a rien perdu de son caractère et de son charme féerique: elle est gentille, généreuse, malicieuse et mutine. Un personnage pétillant ! Même si elle hésite entre colère, puisque c’est à cause de lui qu’elle est punie et intérêt pour celui qu’elle considère comme son passeur (c’est-à-dire celui qui fait le lien entre le monde féerique et le monde humain ), elle tombe également sous le charme.

Eve Terrellon nous décrit très bien leurs émotions. Sa plume fluide, sensible et subtile nous retranscrit des scènes tantôt tendres, tantôt sensuelles, toujours teintées de magie féerique : un enchantement à la lecture ! On apprécie les moments de bonheurs simples entre les deux personnages, leur amour sincère, et leurs personnalités chaleureuses.  
De plus, on visualise sans mal les scènes à travers des descriptions précises, mais qui n’alourdissent pas le récit. 

La relation amoureuse des deux personnages se renforce par l’aspect naturel de leur lien entre passeur et fée. Pourtant, bien des obstacles viennent s’interposer entre eux: la nature même de Gaëlle, son âge et son fiancé Joachim qui s’arrange pour leur mettre des battons dans les roues, ainsi que la jolie assistante de Pierre. L’ancienne faute de Gaëlle en tant que fée et les faiblesses de Pierre entravent également leur bonheur patiemment construit. 

Un petit plus dans le récit: le nid douillet de Gaëlle, véritable capharnaüm, où elle collectionne des objets en tout genre et plus précisément les dragons qu'elle affectionne. On les retrouve à toutes les sauces et elle sait les animer de sa magie si besoin, mais bien sûr en dehors de tout regard extérieur. J'aime imaginer cet endroit empli d'un fourbi organisé, d'un éventail de matières et de couleurs : un lieu chaleureux propice à la flânerie et à la rêverie  

En conclusion, même si l’intrigue peut paraître simple et la romance assez classique, l’aspect surnaturel, les personnages attachants, l’atmosphère magique et le style entraînant de l’auteur rendent ce roman féerique, frais et scintillant. Je vous conseille donc cette romance  de  circonstance à l'approche de Noël, pour un moment de lecture enchanteur.


Bad moon rising, de Marika Gallman




Résumé

Elle rêve d’un nouveau départ, mais c’est la mort qui l’attend au tournant. Recueillie par ceux qui l’ont arrachée aux mains de ses agresseurs, c’est dans un monde de ténèbres qu’elle devra tenter de survivre.
Tout a commencé un soir de lune bleue, et tout se terminera dans le sang…




Mon avis

Le nom de Marika Gallman n’est pas inconnu aux amateurs d’Urban Fantasy et plus précisément de Bit Lit, car elle est l’auteure, entre autre, de la saga Maéve Regan. Le premier tome Rage de dent fut d’ailleurs le roman qui m’a permis de découvrir le genre. Même si je n’en suis pas une grande lectrice, j’aime me laisser tenter par un roman de temps en temps. J’ai donc choisi de découvrir la série « Bad Moon Rising », constituée en tout de six épisodes.

Si la série peut se lire épisode par épisode en numérique, elle peut se lire également comme un court roman (publié en version papier).
J’ai choisi de lire ces épisodes à la suite, pour ne pas perdre le fil des aventures de Neela, le personnage principal.
A noter que chaque épisode comporte comme titre une émotion que l’on trouve présente dans l’écriture du récit : choc, déni, colère, tristesse, résignation et reconstruction : déroulement logique des réactions de Neela. J’ai trouvé l’idée sympathique et originale et l’auteure a su tirer son épingle du jeu dans cet exercice de style.

La narration à la première personne permet une immersion immédiate. Se pliant au format de l’épisode, chacun d’entre-eux offre une unité dans l’intrigue et l’action s’invite rapidement dans le récit, dès le premier épisode. 
La plume vive, fluide et efficace de l’auteure et l’emploi du présent accentue cette impression de vitesse et d’action, un peu comme dans un épisode de série TV. L’auteure entraîne le lecteur au fil des pages et lorsqu’on possède l’épisode suivant dans sa pal, on ne prend pas la patience d’attendre : j’avoue avoir lu le tout d’affilé en pratiquement une soirée.

Neela, jeune femme tout à fait ordinaire, fille de diplomate, envisage de donner un nouveau tournant à sa vie. C’est ce qu’elle explique à son amie Sandra lors d’un dîner, en lui dévoilant son intention de partir en Inde et de découvrir ainsi le pays d’origine de sa mère.
Sauf que tout ne se déroule pas comme prévu : les deux jeunes femmes sont sauvagement agressées. Non seulement Neela perd sa meilleure amie, mais se retrouve menacée de devenir un vampire, tel les monstres qui les ont attaqués.
En effet, dans la série «Bad Moon Rising », les vampires n’ont pas le beau rôle ! Pas de beaux bruns ténébreux, mais des êtres à la limite de la décomposition, des monstres horribles, féroces et assoiffés de sang, vivant dans des nids autour de leur reine.

Les vrais « héros » de l’histoire sont au contraire les chasseurs.
Neela a été sauvée et recueillie par Marcus et Marat, deux de ces chasseurs de vampires. Je n’ai pu m’empêcher de penser à la série TV Supernatural : une organisation de vampires, un duo de chasseurs, lourdement armés et menant une vie de chasse sans attaches, avec les risques et les dangers liés…

Les personnages sont attachants, même s’ils manquent un peu de profondeur. Ils correspondent aux stéréotypes d’une intrigue qui se veut simple et efficace : les « gentils » chasseurs d’un côté, baroudeurs et bourrus, mais beaux gosses et les méchants vampires de l’autre, sans oublier Doyle et ses sbires à la tête d’une organisation militaire aux méthodes douteuses, largement caricaturé. 

La morsure de Neela et ses implications apportent tout de même des nuances et des informations supplémentaires, car elle apprend à connaître les vampires, au fur et à mesure qu’elle se « rapproche d’eux », de par son état de transformation progressive. La course contre la montre, pour savoir si elle pourra éviter la transformation définitive tient également le lecteur en haleine.

La romance entre Neela et l’un des chasseurs, leur attirance surnaturelle et sensuelle apporte du piment et un peu de répit au récit, sans pour autant prendre le pas sur l’action. L’auteure a su doser l’action et l’émotion. 

En conclusion, ce court roman fut fort agréable à lire : un livre que je conseille pour une lecture détente qu’on soit amateur du genre ou non, car on se laisse entraîner dans l’aventure. Je remercie les éditions du Petit Caveau et le forum Au cœur de l’Imaginarium pour ce bon moment de lecture.


samedi 12 décembre 2015

Quatre enquêtes d'Erem de l'Ellipse, d'Anthony Boulanger



Dans une France médiévale à l’histoire revisitée par les Clans et les rituels, Erem du Clan de l’Ellipse met ses déductions hors du commun au service de la justice pour élucider les crimes et les énigmes les plus étranges de son monde.
Suivez son histoire depuis Paris, en passant par Strasbourg, Rouen et Provins, où il affrontera, tour à tour les mystères et les dangers de ces villes, qu’ils prennent la forme d’une simple lettre, de reptiles humanoïdes, de pétrifications et de complot.


Mon avis

Dans une préface détaillée, Mathieu Guibé nous rappelle le difficile exercice de l’écriture de nouvelle et des éléments utiles pour éclairer la compréhension des Quatre enquêtes d’Erem de l’ellipse d‘Anthony Boulanger. J’ai déjà eu l’occasion d’apprécier cette maîtrise du format court par l‘auteur, ainsi que sa plume dans deux anthologies où il a été publié. 

Dans sa nouvelle publiée dans « Sur les ruines du monde » (lu en partenariat avec les éditions House made of dawn, et critique ici), j’avais remarqué son incroyable capacité à nous transporter dans un univers unique et riche, sur un court récit. Je retrouve cette richesse dans ce recueil, que j’ai eu plaisir découvrir.

L’univers, décrit ici par Anthony Boulanger, apporte une parfaite cohérence aux enquêtes proposées. On y trouve un monde moyenâgeux régi par une hiérarchie très particulière, celle du sang. 
D’un côté on trouve une élite répartie par clans, les sangs Innés, qui maîtrisent la magie sanguine, de l’autre, on retrouve ceux qui en sont dépourvus, les sangs Mornes. Les sangs Mornes se présentent pour les sangs Innés comme inférieurs et à leur service : une logique bien ancrée, même si contestable et contestée par certains. 

En effet, certains clans, membres ou chefs ne rejettent pas la mixité, ce qui crée des conflits entre clans et mène même à des guerres intestines. Entre luttes entre clans avides de pouvoir (eux-mêmes classés hiérarchiquement, certains étant vassaux d’autres clans) et luttes internes (pour la course à la succession) les meurtres ne manquent pas et les mobiles non plus. Ils s’entourent pourtant de mystères, sont savamment orchestrés, entre leurres et trompes l’œil, mais aucun ne résiste à l’esprit logique d'Erem de l’Ellipse.

La magie du sang et les rituels qui sont liés à ce monde se dévoilent au fil des quatre nouvelles et s’avèrent particulièrement originaux. Ici, il n’est aucunement question de vampirisme, mais de l’effet du sang sur autrui. Erem possède ses propres échantillons de sangs de divers animaux mythiques, plus ou moins exotiques et dangereux, qui lui permettent d’effectuer des rituels. Mais pour atteindre quelqu’un, il faut posséder son sang. Les coutumes et habitudes de vie des clans en découlent. Tout est parfaitement ficelé pour rester cohérent avec cet univers particulier et son originalité. Les intrigues en découlent également très naturellement.

Erem du clan de l’Ellipse intervient dans ces enquêtes, soit parce qu’il est intimement concerné (c’est le cas pour la première nouvelle), soit par hasard ou parce qu' appelé en renfort. Sa réputation finit par le suivre : son intelligence, sa perspicacité, son raisonnement logique et sa soif de vérité et de justice en font un enquêteur on ne peut plus qualifié. L’auteur nous donne d’ailleurs l’occasion de suivre la construction logique de ses raisonnements. Entre indices et hypothèses, le cheminement est agréable à suivre pour le lecteur. De plus, l’atmosphère est parfaitement rendue, l’auteur possédant une plume vive et précise.

Cependant, Erem peut paraître un peu insensible, surtout dans la première nouvelle, où il perd des êtres qui lui sont proches et n’en perd pas le fil de ses réflexions pour autant. On le trouve alors quelque peu dénué d’émotion quand il perd son père, surtout quand il s’émeut (bien sûr à juste titre) du massacre d’un autre clan. Cette froideur est moins perceptible dans les nouvelles suivantes, où les enquêtes lui permettent d’avoir plus de distance. Ce côté insensible se rééquilibre avec la dernière nouvelle qui clôt le recueil de manière émouvante.

En conclusion, ce fut un plaisir de découvrir l’univers d’Erem de l’Ellipse et de le suivre dans ses enquêtes. Je remercie les éditions « Mots et légendes » et le forum « Au cœur de l’Imaginarium » pour cette belle découverte.


mardi 8 décembre 2015

Chrysalide d' Ivan Kwiatkowski


Résumé

Une jeune fille est laissée pour morte dans un terrain vague, où un artiste peintre la recueille. Elle est étouffée par la rancœur et il suffoque sous le dôme de verre qui protège la ville. Au milieu des chrysalides, fleurs au parfum mortel, ils devront se reconstruire... ou se détruire.

Mon avis

Je continue ma découverte de la collection e-court chez les éditions Voy’el avec la nouvelle Chysalide d’Yvan Kwiatkowski. Le résumé m’a tout de suite interpellée et je me suis demandé comment l’auteur allait mener son récit. Je ressors de ma lecture touchée par un texte aussi beau et cruel que le sont les Chrysalides,  fleurs dont il porte le titre. 

Chrysalide raconte l’histoire de deux personnes : elle, qu’il retrouve nue dans un terrain vague et lui, le peintre qui la recueille.

Elle, Christelle, dont on ne connait le prénom que tardivement, refuse en  bloc ce qu’elle a subi sur ce terrain boueux, où le peintre la retrouve. Si elle l’évoque, c’est sans mettre de mots dessus. Elle garde la souillure de ce moment en elle et la transforme en noirceur. Cette noirceur va servir de base à sa reconstruction et lui fournit un combustible, une énergie qui lui permet d‘avancer. 
Sa rencontre avec le peintre semble marquer le moment de sa renaissance, même si elle ne peut oublier l‘humiliation et la souffrance de son ancien moi. 
La souillure, cette noirceur qu’elle porte en elle, réclame son dû et prend bien des aspects: d’abord frustration, rejet, caprice et froideur, puis se transforme en haine et  violence.

De son côté, celui qui se fait appeler simplement « Peintre », comme s’il tenait à son anonymat, à son insignifiance, la trouve, l’accueille et conscient de son impuissance, accepte ses comportements excessifs et ses débordements de plus en plus violents. 
La seule chose qu’il puisse lui offrir, ce sont les moments magiques passés dans le pré de Chrysalides, fleurs à la beauté vénéneuse. Splendides et pures, elles semblent chanter dans le vent, mais sont fatales si on s’approche de trop près. Christelle se ressource dans ce champs, appelé « le poumon » car il approvisionne la ville en oxygène, se l’approprie et reprend ainsi le contrôle de sa vie, ou plutôt se laisse contrôler par sa haine. 
Une étrange relation de dominant-dominé s’installe alors entre elle et Peintre.

Peintre, même s’il se livre à Christelle, persiste à conserver son jardin-secret, dans son atelier, comme s’il y sauvegardait son essence, son intégrité. Son art est à son image. Il lui apporte le moyen de lutter contre ses propres démons, et contre l’oppression du dôme qui protège la ville, le fascine et l'étouffe.

La ville prend une importance particulière aux yeux des deux personnages et dans l'intrigue, en s’appuyant sur des lieux précis. On connaît d’elle le dôme qui l’entoure et la protège, protecteur, mais aussi prison au yeux du peintre. Cependant les lieux essentiels restent en nombre réduit : le terrain vague et le pré de chrysalides qui s'opposent, la maison du peintre et plus particulièrement son atelier.
Ses lieux possèdent un aspect symbolique fort. L’auteur maîtrise particulièrement bien ces symboles qu’il lie à la caractérisation des personnages et au déroulement de l’intrigue et en use avec une certaine ironie.

Le style de l’auteur entraîne le lecteur dans un écrit fluide et poétique, cohérent avec l'histoire évoquée. Il décrit avec précision les lieux, les émotions des personnages. Il nous transporte sur place par ses mots, car on visualise parfaitement les scènes. 
Il choisit de parler de Christelle à la troisième personne et instaure ainsi une certaine distance, qui nous permet d’assister à sa déchéance. 
Par contre, il utilise la première personne pour Peintre, auquel on s’attache, malgré sa répugnance à parler de lui-même, sa timidité, sa discrétion, son manque de considération pour sa propre personne. Ses sentiments pour Christelle se lisent certes dans ses mots, mais principalement dans ses actes, ou plutôt son manque de réaction.
L’écriture et l’intrigue s’accordent à merveille, dans une douceur amère, une mélodie mélancolique, très agréable à la lecture.

En conclusion, ce récit à la fois beau, cruel et désabusé offre une merveilleuse balade parmi les chrysalides. Merci aux éditions Voy’el pour cette très belle découverte.


Osez la première fois, de Marie Minelli


Résumé

Le premier guide Osez qui s’adresse aux ados et à leurs parents
Quand on interroge les gens qui ont déjà fait l’amour, plus de la moitié d’entre eux considèrent que leur première fois se situait quelque part entre « pas terrible » et « complètement horrible ». Pourquoi ? Parce qu’ils avaient peur, manquaient de confiance en eux, n’avaient pas choisi le bon partenaire, ou simplement parce qu’ils n’étaient pas encore prêts. Voici un guide qui vous dit tout, tout ce qu’il faut savoir avant de faire l’amour la première fois, sans stress, sans appréhension, et sans risque. Grâce à son franc parler et son humour, Marie Minelli aborde sans complexes toutes les questions qui peuvent tracasser à l’aube de ce grand moment : comment choisir le bon partenaire ? Est-ce que ça fait mal ? Comment en parler ? Comment se protéger ? Comment faire une fellation, un cunnilingus ? Comment faire l’amour ?… Vous y trouverez de nombreux témoignages, l’avis d’une gynécologue, des tests qui vous aideront à savoir si vous êtes prêt à sauter le pas, mais aussi des astuces et des tutos pour vous préparer à l’acte et ainsi démarrer votre vie sexuelle avec confiance et assurance. Vous aurez enfin toutes les clés en main pour ne plus envisager votre première fois comme une fatalité ou une simple formalité, mais pour la choisir et en faire une belle expérience.

Mon avis

J’ai découvert Marie Minelli avec son roman « Sexe, mensonges et banlieues chaudes », puis avec son petit guide rempli d’humour, « comment transformer son mec en Brad Pitt en 30 jours » . Elle est l’auteure de nombreux autres livres dans la collection « Osez… » chez La Musardine et celui-ci m’a tenté, curieuse de voir comment elle traiterait le sujet.

Ce livre est clairement adressé aux « débutants ». Marie Minelli opte pour le franc parler. Pas de tabou ou de gêne mal placée. Mais même si le guide ne manque pas de bon sens, il s’appuie principalement sur des généralités. Son rôle ne consiste pas à donner des informations pointues. Il offre plutôt des conseils pratiques et des réponses aux questions que les lecteurs pourraient se poser, aussi saugrenues peuvent-elles passer, car il n’y a pas de sottes questions. Marie Minnelli a bien conscience des inquiétudes de ceux qui veulent « passer à l’acte » pour la première fois et qui envisagent ce moment comme une épreuve. Elle n’oublie pas pour autant de leur conseiller de prendre le temps : pas d’urgence, chacun son rythme.

L’auteure évoque dès le début la difficile caractérisation des termes, à travers les divers mots et expressions et diverses significations pour chacun. Varier les sources ne résout pas le problème, même si un docteur vient à la rescousse, car chacun perçoit la sexualité de manière subjective selon sa sensibilité et son expérience.

Puis l’auteure aborde les différentes raisons qui poussent à se lancer, les analyse avec logique, mais son ton reste léger, simple et adressé à un public jeune. Le tout se ponctue d’anecdotes et de témoignages. L’auteure cherche à dédramatiser, déculpabiliser, relativiser, donc à aider le lecteur à trouver son bien être dans sa tête et dans son corps, pour se sentir prêt. L’avis du docteur vient éclairer le sujet de manière professionnelle.

Marie Minelli apporte des conseils pour la préparation du moment redouté, pour que le lecteur puisse se décontracter, des références cinématographiques, littéraires ou musicales pour se mettre dans l’ambiance, des astuces pour mettre son corps en valeur.
Certains témoignages tombent parfois dans le préjugé et semblent excessifs. Heureusement l’auteure rectifie le tir, en rappelant la liberté de chacun à vivre son expérience à son aise, sans pression. 

Une partie s’avère particulièrement pertinente quand elle aborde les sujets délicats de consentement et de viol. Même si l’auteure tente encore d’alléger le ton, le message passe. Elle insiste sur la différence entre réalité et fantasme, rappelle la loi et informe sur les sites appropriés. 

L’auteure n’oublie pas bien sûr de traiter des détails plus techniques, en restant bien ancrée dans la réalité, de façon pragmatique et en gardant toujours pour objectif de dédramatiser. La différence entre ce moment maintes fois fantasmé et la réalité peut sembler énorme, mais là encore le lecteur est amené à relativiser entre son expérience et la vision apportée par le porno entre autre. L’auteure insiste particulièrement sur le consentement et le respect mutuels entre partenaires.
Si elle évoque les problèmes possibles, elle déculpabilise, conseille et donne un inventaire complet des différents types de contraception, ainsi qu’une mise en garde sur le manque de discrétion sur les réseaux sociaux.

Pour rendre le propos plus léger, les paragraphes du guide restent courts, aérés, clairs et organisés. Cette organisation rend la lecture plus facile, accessible, plus aisée pour trouver des repères. Chaque partie est agrémentée de conseils, témoignages et visions d’un professionnel, ce qui permet au lecteur de piocher parmi ces informations et se faire une idée, s’informer, se rassurer.

En conclusion, ce guide s’avère facile d’accès pour les jeunes, rempli de bon sens. Il peut les aider à dédramatiser et déculpabiliser. Le ton léger met à l’aise, même si il s’appuie sur des généralités. 
Je remercie les éditions « La Musardine » et le forum « Au cœur de l’Imaginarium » pour cette découverte.