mardi 27 décembre 2016

Osez 20 Histoires d'obsessions sexuelles


résumé

Ce nouveau recueil particulièrement corsé d’Osez 20 histoires, la collection de nouvelles érotiques à thèmes de la Musardine, s’est donné pour but d’illustrer l’obsession sexuelle. Sous toutes ses formes. Obsession pour un fétiche, une pratique, un fantasme, un scénario, obsession pour une personne follement désirée, obsession pour le sexe en lui-même, obsession physique, ou mentale, ou les deux, obsession qui nous empêche de réfléchir, de travailler, obsession qui nous réveille la nuit, obsession qui nous consume, bref : 20 histoires fiévreuses, passionnées, tourmentées, où l’obsession suinte de chaque mot !

mon avis



La prolifique collection « Osez 20 histoires » de la Musardine nous propose avec le recueil de nouvelles « Osez 20 histoires d'obsessions sexuelles » un nouveau thème à découvrir, bien intrigant et intéressant à la lecture. Les différents auteurs du recueil l'ont exploité, selon leur univers personnel, et de manière diverse. 

L’obsession peut ainsi porter sur d'autres personnes, mais aussi sur des parties du corps ou des objets, ainsi que sur des pratiques spécifiques. Les nouvelles proposées ciblent l'objet de l'obsession avec précision. Leurs auteurs jouent sur cette fixation des personnages, pour mieux l'exploiter, la développer et la déployer jusqu'à la libération finale ou sa continuité. 
L’obsession d'autrui reste la plus courante : 
Le désir de l'autre, attirance soudaine et intense pour la personne qu'on rencontre pour la première fois.
Le désir ancré depuis déjà longtemps, que l'on découvre et qui prend force dans la nouvelle. 
Le désir pour une personne qui vous garde sous son emprise, comme un(e) maître(sse) vénéré(e).
Le désir d'une catégorie de personnes qui comble un vide affectif, ou des fantasmes particuliers.
Quand l’obsession est partagée, elle devient d'autant plus vive et cohérente, les scènes d'autant plus chaudes. Pourtant, si la romance n'est pas exclue, on reste centré sur le thème de l'obsession.

Le sexe et les pratiques sexuelles restent un champ thématique également très fructueux. Le sexe devient une nécessitée presque maladive, les pratiques spécifiques (voyeurisme, BDSM...) se découvrent et/ou s'avèrent les seules à pouvoir assouvir les désirs.
La focalisation sur les sens, les objets (même banals), ou de manière plus originale, les lieux et la recherche de l'esthétisme, eux aussi propices au plaisir peuvent accompagner efficacement l'objet de convoitise abordé dans les nouvelles.

La diversité des sujets et l'unité sur son traitement (choix de la précision) offrent une cohérence à l'ensemble du recueil pour le thème choisi.
L'obsession incite les personnages, hommes ou femmes (équilibre maintenu dans le recueil), à l’excès dans leurs pensées, leurs sensations et émotions, leurs pratiques. Elle peut les transformer, leur apporter un déclic nécessaire à l'excitation et l'épanouissement ou les pousser à des pensées et comportements de plus en plus nocifs pour eux même, socialement ou dans leur travail. Elle bouleverse leur vie de manière positive ou malsaine. La nocivité de celle ci peut mener à l’abandon au détriment de soi, à la perte de raison.
Sauf exception, les fantasmes obsessionnels doivent prendre forme pour atteindre la libération. Dans quelques nouvelles pourtant, la réponse reste négative, le personnage ne trouvant pas satisfaction au final, mais la désillusion et de nouvelles questions.

Beaucoup des histoires proposées sont à la première personne. Celle-ci permet d'entraîner le lecteur dans les fantasmes des personnages, la frontière entre leur désir et la réalité restant assez fragile. Leur fixation influe sur leur manière de concevoir la réalité et l'utilisation de la première personne nous rapproche un peu plus d'eux. La troisième personne apporte plus de recul, mais utilisée à bon escient s'adapte également aux récits proposés.

L'unité dans le traitement du thème se ressent aussi dans la narration, que j'ai trouvé de qualité. Bien sûr certaines nouvelles sont plus sensuelles ou plus crues, selon l'auteur, mais l'équilibre retrouvé dans l'ensemble du recueil, ainsi que la fluidité du style, des personnages justes et bien caractérisés demeurent très appréciables à la lecture. 

En conclusion, sauf exception (pour cause de personnage harceleur et violeur), j'ai aimé chacune des nouvelles permettant des découvertes sur une thématique intéressante, la lecture de scènes sensuelles et chaudes
Je recommande donc Osez 20 histoire d'obsessions sexuelles aux amateurs de lectures coquines et je remercie les éditions « La Musardine » et le forum « Au cœur de l'Imaginarium » pour cette belle découverte.

samedi 24 décembre 2016

Joyeuses fêtes !



Je vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année ...


Et que la magie de Noël soit avec vous !!!



jeudi 22 décembre 2016

Lune de miel, de Manon Elisabeth d'Ombremont



Résumé

Paris, 1876. Lison a perdu ses parents, assassinés dans des circonstances mystérieuses et particulièrement sanglantes.
Un an après, elle tente toujours d'échapper à la folie. Au cœur des ombres, un monstre émerge et la tourmente, quelques jours avant son mariage arrangé. Réalité ou construction d'un esprit malade ? Parfois, la frontière peut être mince.
L’écriture de Manon Elisabeth d’Ombremont est d’une incisivité diabolique et vous entraîne au seuil d’une démence certaine.

Mon avis

Lune de miel est une nouvelle fantastique de Manon Elisabeth d'Ombremont, jeune auteure, dont on peut également suivre la série de dark et urban fantasy « Nechtaànomicon » publiée par les éditions L'Ivre-book.

Le nouvelle « Lune de miel » entraîne le lecteur dans une parenthèse certes courte, mais intense, à mi-chemin entre rêve (ou plutôt cauchemar) et réalité. L'ambiance teintée de morbide, de macabre et d'un côté malsain accompagne le personnage principal, jeune fille au destin tragique, mais aussi le lecteur, qui se laisse happer par son atmosphère tragico-mélancolique. On ne peut que s'attacher à Lison, jeune fille suicidaire, à la santé mentale fragile et trembler pour elle.

L'auteure M.E. d'Ombremont prend le temps de mettre en place le personnage principal de Lison, mais aussi les personnages secondaires, tels sa tante égoïste et malveillante, son futur mari, et sa très chère sœur, seule raison qui la fait hésiter à franchir le pas (passer la corde autour de son cou).
Rien de gai dans cette nouvelle imprégnée d'une forte mélancolie, à la fois désespérée et dangereuse. On y trouve en effet désillusion, tristesse et désespoir. Nous suivons Lison sur le sentier du non-retour entre cauchemar et démence grandissante : la frontière restant mince entre les deux. Le lecteur peine à trouver le vrai du faux dans ce cheminement macabre. 

On se retrouve même parfois mal à l'aise, touché par un soupçon d’obscénité (celui-ci toujours accompagné d'une sensualité trouble et équivoque, voire sadique), qui existe dans la relation, liant Lison à un mystérieux inconnu. Leurs étranges connexions nous dévoilent un individu auquel la jeune fille ne peut résister. Celui ci est animé d'une tendresse violente, d'une douce luxure, qui poussent Lison un peu plus loin dans sa chute. Mais peut être est-ce le dessein de cet homme aux intentions semblant pernicieuses ?
De plus, Lison se livre à des automutilations et tortures mentales : la jeune fille trouve de l'esthétisme et une forme de beauté dans ses propres cicatrices, mais continue de ruminer sans cesse la mort de ses parents, véritable déclencheur et guide de son évolution cauchemardesque.

L'auteure met en place le récit de manière judicieuse, dans le déroulement des scènes et les informations distillées le long du récit : cohérence de la narration pour mieux perdre Lison dans sa folie et le lecteur dans ses doutes. Le style élégant et fluide, les descriptions détaillées des émotions et sensations y contribuent aussi largement.

La conclusion est à l'image de la nouvelle, tout aussi macabre et ironique, cela va sans dire, et contribue à la cohérence du récit. Il privilégie esthétisme de l'écriture, de la narration, à l'intrigue en elle même. C'est une nouvelle qui se savoure à la lecture, sans suspense, mais avec une délectation doucereusement malsaine. 
L'auteure manie le format court avec justesse et élégance, atteint son but et entraîne le lecteur, même si le sort du personnage principal reste prévisible. C'est le cheminement qui compte, non le point final.

En conclusion, ce fut une découverte fort intéressante. La plume riche de Manon Elisabeth d'Ombremont, son style et la mise en place du récit, me laissent impatiente de découvrir « Nechtaànomicon ». Je remercie les éditions l'Ivre-book et le forum « Au cœur de l'imaginarium » pour cette belle et enrichissante découverte.

mardi 20 décembre 2016

L'Emprise du Lwa de Patrice Mora


Résumé

Au cœur de Paris, à quelques mois de l'exposition universelle, Mortimer et Lawrence se voient confier une nouvelle mission.
Les deux gentilshommes doivent se rendre à l’ambassade d’Autriche Hongrie.
Membres de la Loge, organisation occulte chargée de réguler les interactions de la capitale des enfers sur le genre humain, ils entendent mettre un terme à une odieuse alliance.

Alors qu'ils délivrent l’avertissement de la Loge, ils remarquent la présence d’un étrange dandy.
Noyé dans la mousseline des robes de soirées, il évolue aussi bien parmi les diplomates que les démons infiltrés.
Le curieux personnage laisse dans son sillage une aura pimentée aussi puissante qu’une malédiction exotique.
Sa seule présence se pose aussitôt comme une nouvelle énigme.

À la recherche d’une explication, Lawrence va entrainer son novice Mortimer dans l’univers du vaudou, où les relents de la mort se mêlent aux arômes de rhum et de tabac…


Mon avis


Le récit débute sur une mise en place un peu longue. Mortimer, personnage principal, narre son histoire à la première personne. Le style est fluide, mais il faut un temps pour s'adapter à l'emploi du présent pour un récit au passé et plus précisément au XIXème siècle. Je ne sais si c'est ce décalage (au niveau temporel) ou une narration un peu froide et peu expansive du personnage (qui ne livre pas ses pensées), qui m'a posé problème pour rentrer dans l'histoire. Les descriptions m'ont semblé également un peu trop développées et artificielles. 
Heureusement, le récit gagne ensuite en fluidité, même si la narration reste toujours un peu distante. Le personnage garde ses mystères. Il faut attendre les péripéties du récit pour que la narration se débloque, permettant de mieux visualiser et vivre les scènes. 

On découvre donc le personnage principal, mais aussi son nouveau partenaire de « travail ». Ce duo formé depuis peu apprend à se connaître au fil du récit et développe une complicité intéressante. Ils cachent des secrets, qu'ils dévoilent l'un à l'autre, et par la même occasion au lecteur, au fil des pages. Et les mystères ne manquent pas !
Le personnage principal, en particulier, possède une identité double et trouble. Il cache « un autre », qu'il doit contenir et maîtriser. Sûr de lui en toute occasion, il ne manque pourtant pas de failles, car son double gênant constitue une menace puissante, d'où son soucis de le dissimuler aux yeux des autres et de son nouveau compagnon. C'est une lutte au quotidien, accentuée par la douleur que lui inflige l'ennemi. Même à la fin du roman, quand le lecteur comprend les tenants et aboutissants de son étrange personnalité, il se garde d'avouer la vérité. 
Ce personnage pourrait paraître un peu austère. Même s'il doit garder son sérieux et rester concentré pour enchaîner son double, il sait se montrer badin, voire provocateur.

Le roman nous offre un récit fantastique mêlant magie, démons, rituels, sortilèges, artefacts et amulettes. On y trouve une touche singulière, bien agréable, conférant de l'originalité à l'histoire. En effet, l'ennemi auquel se confronte notre héros s'avère intrigant, difficile à cerner et à appréhender. Il apporte son lot d’exotisme entre pratiques vaudou et croyances africaines. L'auteur arrive même à nous présenter des zombies d'un genre bien particulier. L'histoire ne manque donc pas d'idées surprenantes. De plus, mettre en place ce côté exotique dans un Paris du XIXème siècle offre d'autant plus de piment à l'histoire, pour le plus grand plaisir du lecteur. 

Les termes sont précis, les pratiques bien décrites, intrigantes et rendent le récit plus prenant. Les descriptions qui m'ont semblé un peu lourdes au début, deviennent ensuite plus naturelles et appréciables à la lecture. L'auteur sait camper l'atmosphère, décrire le Paris du XIX ème et lui faire prendre vie. Il réussit particulièrement également à livrer les scènes de transes et de voyages oniriques. 

En conclusion : malgré un début difficile, je me suis laissée emmener par le récit. L'histoire, la magie et son originalité m'ont séduite : une bonne lecture au final. Je remercie le forum Au cœur de l'Imaginarium et les éditions du Petit Caveau pour cette belle découverte.

mercredi 16 novembre 2016

Les dames de Riprole T2 : Les noces de l'innocence d'Eve Terrellon

Les Dames de Riprole, tome 2 : Les Noces de l'Innocence par Terrellon


Résumé
En cette année 1417, alors que l'armée anglaise menace plus que jamais la Normandie, le doux Béranger n'a qu'un rêve : devenir ménestrel. Pour cela, il se sent prêt à braver l'autorité de son frère Arnault, un fier chevalier, au risque de se voir renier par sa famille. Très loin de là, dans les Vosges, Douce, sauvageonne vivant dans la montagne, voit sa vie bouleversée en portant secours à une fugitive. Réunis contre leur gré, les deux jeunes gens se voient plongés dans l'univers cruel et licencieux du comte de Coeurval. Confronté au pire, le caractère bien trempé de Douce parviendra-t-il à s'accommoder des façons timorées de Béranger pour échapper aux griffes de leur prédateur ? 


Mon avis
Dans ce deuxième tome de la série des Dames de Riprole « Les noces de l'innocence », on retrouve la suite du premier roman, avec les personnages rencontrés alors. Les deux romans peuvent cependant se lire de manière indépendante, même si ce serait dommage vu le plaisir de lire, de découvrir, puis retrouver Tristan, Isabelle et ses frères.
Eve Terrellon focalise cette fois sur le personnage de Béranger. Elle apporte, au début du roman, des détails sur le tome précédent, sans alourdir la lecture pour ceux qui l'ont lu, en apportant les informations nécessaires pour ceux qui ne l'ont pas fait, le tout du point de vue de notre nouveau personnage principal.
La couverture de ce deuxième tome, magnifique une fois encore, reste cohérente et dans la lignée du premier.

Béranger, le frère doux et compréhensif du premier tome prend donc plus de relief. Sa volonté de devenir ménestrel n'a pas faibli, les tensions avec son frère Arnault également.
Idéaliste, sensible et passionné par son art, de santé fragile, il est loin d'exceller aux armes et au combat, malgré l'aide de Thierry, son ami qui l'initie.
Si Arnault pense à assurer son avenir en voulant en faire un écuyer, il se montre intraitable et inflexible. L'obstination de celui ci, ainsi que celle de Béranger offrent le déclencheur de l'intrigue : leurs relations houleuses poussent le jeune frère dans bien des mésaventures, alors qu'il essaie d'atteindre son but.
On comprend la détermination de Béranger et Arnault reste un personnage charismatique et intrigant. La relation entre les deux frères va évoluer dans ce volume, ce qui la rend d'autant plus intéressante.

L'auteure alterne le point de vue de Béranger avec celui de Douce, dans un environnement beaucoup plus démuni et sauvage.
Ce nouveau personnage féminin, deuxième protagoniste de cette romance, s'avère vite haut en couleurs.
Seule et farouche, la jeune fille livrée à elle même a pour toute compagnie un lynx appelé Lune Blanche. Elle entretient avec elle une grande amitié complice et trouve réconfort et protection auprès de celle ci.
J'ai apprécié le côté très nature et sauvage du personnage et on se prend vite d'affection pour la jeune fille et l'animal. Elles dégagent toutes deux, force et courage.

De malheureux hasards amènent les deux jeunes gens, Douce et Béranger, dans les griffes de Coeurval, personnage douteux qui aime s'entourer de beaux jeunes gens et n'hésite pas à se passer de leur consentement.
Eve Terrellon met en place avec succès une atmosphère tendue, où les échecs d'évasion se multiplient et nous font craindre le pire pour les deux protagonistes.
Ceux ci s'y rencontrent, s'apprivoisent, s'accordent leur amitié...
Le récit vraiment prenant, nous entraîne, nous fait trembler, mais aussi fait doucement évoluer l'amitié amoureuse en un sentiment plus fort.

Le récit reste toutefois réaliste : les obstacles ne manquent pas et le couple lutte pour les surmonter. Pas de facilité pour eux, pour le plus grand plaisir du lecteur (difficile de lâcher la lecture, une fois qu'on l'a commencée). L'auteure décrit également les émotions avec justesse et délicatesse.
Dans ce tome, comme dans le précédent, le style est fluide, le récit cohérent et très plaisant.

Face aux événements et dans leur relation intime, les jeunes gens se montrent fidèles à eux même. Béranger essaie de faire bonne figure, mais reste quelque peu passif. C'est Douce, l'autoritaire et hardie jeune fille qui lui donne du courage, de l'espoir et de la motivation. Douce sait utiliser sa maturité et son audace face à l'adversité, mais joue assez souvent de malchance. Elle ne s'avoue que rarement vaincue. Voilà donc un couple complémentaire et une relation qui sort de l’ordinaire, avec une femme forte et un homme plutôt sensible, tout en restant respectueuse et intéressante.

Béranger, lors de ses aventures, prend aussi connaissance de faits concernant Arnaut et leur frère décédé. On comprend un peu plus les tourments de l’aîné et on aimerait en savoir plus sur celui ci. Hâte de lire la suite, car je suis bien intriguée.
L'amitié qui lie le jeune homme à Thierry amène aussi à des interrogations.
Mais je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs, juste que la suite devrait réserver des surprises. Vraiment hâte !!!

En conclusion : j'ai apprécié ce deuxième tome, tout autant que le premier. Et, ce sera bien sûr, avec grand plaisir, que je lirai la suite !