mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël !!!

Je vous  souhaite de joyeuses fêtes de Noël !!!


Comme je suis toujours une grande rêveuse, j'ai demandé au père Noël un petit voyage en Tardis...

vendredi 12 décembre 2014

Dernières acquisitions... (version papier)

... seront -ils les premiers lus dans ma Pal qui s’agrandit encore ?
Mystère ! Mais j'ai commencé l'un d'eux et je lirai en priorité les partenariats.

Justement, commençons par les partenariats (et je tiens à remercier les éditions Rivières blanches et le forum "Au coeur de l'Imaginarium pour ces superbes livres). Mes problèmes de santé ont retardé leur lecture, mais je me doute qu'une fois commencés, je vais avoir beaucoup de mal à les lâcher.


  
Un recueil de nouvelles SF, "Dimensions écologies étrangères" 
et quelques cartes que je vais pouvoir ajouter à ma collection.



Deux romans de SF, tout aussi tentants que le premier ! 
"Et le vent se mit à souffler" de Gabriel Jan
"Katorga" de JM. Archaimbault


Viennent deux livres reçus mercredi: l'un d'entre eux me faisait de œil depuis sa sortie: Le Flibustier du froid de Ludovic Rosmorduc. Et un deuxième offert par les éditions du Riez pour la commande passée: Dernière semaine d'un reptile de Franck Ferric. (offre du moment sur la boutique). J'ai eu également un beau lot de cartes avec mon colis. *contente*



 La couverture du Flibustier du froid est très belle ! 


Une magnifique carte grand format...


... et d'autres cartes qui vont rejoindre ma collection.

Les deux derniers sont arrivés aujourd'hui même: deux superbes livres des éditions Voy'[el].Ce sont à l'origine des séries sorties tout d'abord en numérique. J'avoue ne pas réussir à me fixer sur les séries. Je lis souvent un épisode, puis je passe à autre chose. La version intégrale papier est une excellente solution pour moi.


J'avais lu et adoré le premier épisode de "La Brigade des loups" de Lilian Peschet
Je vais pouvoir enfin lire la suite !
J'ai hâte de découvrir "Nécromanciennes" de Corinne Guitteaud. 

C'est tout pour aujourd'hui et heureusement pour ma Pal, mais Noël approche et j'ai pré-commandé Rédemption que je devrais recevoir à la mi-janvier.

Dans le prochain article je ferai un état des lieux de mes dernières acquisitions en numérique. 




dimanche 7 décembre 2014

Petit bilan: mes lectures de novembre

En novembre, j'ai lu:
- La voleuse sans ombre d'Emily Gee
- De mémoire d'homme, d'élodie Philippe
- Tintamarre des sens (recueil de nouvelle)
- Le royaume des devins de Clive Barker
- Sans forme de Gail Carriger

Si je devais résumer ce bilan en deux mots, ce serait "diversité" et "surprises".

Diversité: si certains romans relèvent de la SFFF (on retrouve de la SF, du fantastique et du steampunk) ce sont des romans ayant une identité propre voire atypique dans le genre qui les caractérise. Le recueil de nouvelles érotiques contribue, bien évidemment, aussi à cette diversité.
Surprises: de bonnes surprises ! C'est bien aussi de lire des romans qui ne correspondent pas aux attentes que l'on pouvait avoir au départ.



Commençons par le défi de novembre (proposé par Au cœur de l'imaginarium): lire un roman dont l'auteur ne soit ni français, ni anglais, ni américain.
J'ai choisi "La voleuse sans ombre" d'Emilie Gee, Néo-Zélandaise



Voilà l'une des grandes surprises de ce mois de novembre. Au vu du titre, je m'attendais à une histoire de Fantasy mettant en scène une voleuse. Bref, je prévoyais une histoire bien sympathique pour une lecture-détente. Je ne m'attendais pas à trouver un récit doté d'un univers original avec des personnages attachants, échappant aux stéréotypes habituels. Bien que la fin soit prévisible, j'ai passé un agréable moment à la lecture de ce roman et relevé le défi sans difficulté.



Un petit mot sur les "lectures en partenariat" avec  De mémoire d'homme, d'Elodie Philippe et Tintamarre des sens (recueil de nouvelles)

Les chroniques sont en cours de rédaction. (J'ai pris un peu de retard à cause de mes soucis de santé). Elles arriveront bientôt sur le forum et sur le blog. Je m'attarderai donc plus longuement dans celles-ci. Je remercie Au coeur de l'Imaginarium, Les éditions Kitsunegari, Les éditions L'encre parfumée de Lys et Chocolat Cannelle pour ces découvertes. 
Les livres et marque-pages sont très beaux !


Un roman SF original et plaisant.


Un recueil que j'ai apprécié, avec quelques nouvelles "coup de cœur" 
qui m'ont vraiment touchée.




En lecture commune, avec Ninik, nous avons lu Le royaume des devins de Clive Barker.
Ce n'est pas la première fois que je lis cet auteur. Je l'avais découvert avec Imajica qui m'avait fortement marquée. J'avais également lu Abarat en VO (plus jeunesse), dont j'avais aimé l'univers et les personnages. On retrouve la touche de l'auteur dans "Le royaume des devins", et plus encore. Ce roman est excellent (si ce n'est quelques personnages caricaturaux, mais on passe vite dessus). La capacité de Clive Barker a créer des mondes, à les entremêler les uns aux autres est fascinante. Je relirai bientôt, car je suis sûre qu'à la deuxième lecture, je détecterai des subtilités qui m'avaient échappées à la première.


Quel plaisir de retrouver les aventures d'Alexia Tarraboti dans le tome 2 du Protectorat de l'ombrelle! J'adore ce personnage ! Ou je devrais dire ces personnages... Et les dialogues sont juste savoureux, l'intrigue palpitante et bien menée et la touche steampunk bien dosée. Parfait !
J'étais heureuse de voir que ma bibliothèque possède cette excellente série et je n'ai pas résisté. Par contre, je me suis détestée pour ne pas avoir emprunté le tome 3 dans la foulée. Le suspense en cette fin de deuxième tome est intenable. 
J'ai également hâte de pouvoir découvrir ce deuxième tome sous sa version manga.



Ce bilan s'achève. 
Je vais essayer de le renouveler chaque mois. (j'ai bien dit "essayer", tout dépendra du temps dont je dispose...)


Je vous souhaite de bonnes lectures pour le mois de décembre 
et beaucoup de livres sous le sapin!


samedi 29 novembre 2014

Funestes murmures, de Nathy





résumé
Recueil de nouvelles fantastiques de Nathy préfacé par Denis Labbé.

La mort prend bien des visages, parfois, elle peut être la compagne de toujours ou bien être la pire crainte.
Ici, Nathy nous emmène au travers de six nouvelles dans des rencontres parfois inattendues. L’auteur joue avec les clichés éculés, les clins d’œil et les références tant musicales que littéraires.


mon avis :


Le recueil « Funestes murmures » débute par une préface de Denis Labbé (auteur, écrivain, traducteur et critique) qui donne le ton, sans trop en dévoiler, et suscite l’envie de découvrir l’univers de l’auteur : une bonne entrée en matière donc, pour commencer sa lecture.
L’univers de Nathy apparaît aussi bien sous forme de nouvelles que d’illustrations. Ces dernières ponctuent le recueil et introduisent chaque nouvelle, accompagnement agréable, puisqu’il contribue à créer l’atmosphère, à s’en imprégner pour se lancer dans la lecture. Dommage cependant que le rendu noir et blanc de la liseuse ne soit pas toujours satisfaisant.

L’ atmosphère toujours sombre et cruelle, commune à chaque nouvelle apporte une cohérence et du liant à l’ensemble du recueil. Le lecteur ne doit pas s’attendre à des fins heureuses.
Nathy accorde beaucoup d’importance à ses personnages, elle leur offre un panel d’émotions, bien transcrit par une écriture fine et élégante, oscillant entre mélancolie, amertume, angoisses et peurs.

Si les nouvelles sont centrées sur les personnages et leur ressenti, un personnage symbolique récurent se retrouve à travers tout le recueil: la faucheuse, ou les démons qui la servent. La mort n’y est pas neutre, mais joueuse, séductrice pour mieux attraper ses proies. Dans ce jeu, où elle maintient ses victimes piégées au centre d’une toile tissée avec patience, elle sort toujours gagnante. Sa présence teinte le recueil d’une sensualité morbide, toujours douloureuse, et souvent trompeuse.
La fin inéluctable, plus ou moins bien vécue par les personnages, s’avère bien souvent ironique, voire cynique.

Les nouvelles sont bien construites. La plume soutenue de l’auteur leur apporte beaucoup de style, cependant elle laisse parfois une impression de froideur. La première nouvelle par exemple semble plus lisse que les autres. Le lecteur peut donc facilement passer à côté de certaines d’entre elles, tout dépend de sa sensibilité.

En conclusion: J’avoue être passée totalement à côté de la première nouvelle, malgré le style impeccable de l’auteur. Si le style est soutenu, il peut sembler froid, sans passion. La description du ressenti du personnage principal y est très détaillé, trop peut être, au détriment de l’histoire et de l’intrigue. J’ai cependant apprécié les nouvelles suivantes, bien menées, bien écrites et cyniques à souhait. Une bonne lecture au final. Je lirai volontiers d’autres écrits de Nathy.

jeudi 20 novembre 2014

Wish list (1)

Ma wish list devient impressionnante par sa longueur. Ces derniers temps n'ont pas été propices à la faire diminuer, bien au contraire: entre un "budget livres", qui s'amoindrit (c'est la crise que voulez-vous...) et des sorties propres à envoûter tout lecteur averti.
Il est donc grand temps de faire un tri et de convenir des priorités !

Alors dans le désordre,  me tentent grandement et feront sûrement partis de mes prochaines acquisitions :

 
image



tome 1

couverture

doctorwholivre Un livre Doctor Who pour les 50 ans de la série !

Livre numérique La Maison des Vosges, tome 1


Lettres écarlates



Il y en a tant d'autres que j'aimerais ajouter, mais il faut rester raisonnable !


mardi 28 octobre 2014

Sur les ruines du monde, de collectif (éditions House Made of Dawn)



résumé
Sur les ruines du monde, une anthologie composée de 10 histoires apocalyptiques, présente le travail d’auteurs actuels de la scène fantastique française. 10 décors, 10 ambiances, 10 fables terribles qui dépeignent la fin de notre civilisation. Entre poésie, violence et mystère, laissez-vous guider à travers les ruines des grandes cités et les paysages dévastés à la recherche de la réponse à une question : Que resterait-il de l’humanité sans la civilisation ?

1 Schrödinger (V.F.F Pouget) : Enfermé dans une cellule minuscule pour les prochaines années à attendre que le monde s’auto-détruise, le héros de cette histoire se demande s’il a finalement fait le bon choix en acceptant cette proposition.

2 Le sac koala (Nathalie Haras) : Quelques jours avant l’arrivée de la météorite, la population fuit vers le sud pour éviter le point d’impact. Mais ce père, lui, fonce vers le nord avec une seule idée en tête : retrouver sa fille.

3 La fête (Lionel Dulout) : A travers les ruines silencieuses de notre monde, la Fête sans fin suit son cours, éphémère et insouciante. Jusqu’au jour où ils s’installent près de cette tour gigantesque où les secrets du passé sont enfermés.

4 M. le Vétérinaire fait sa tournée (Stéphane Pihen) : Dans une Haute-Normandie ravagée par la crise économique, M. le Vétérinaire prèpare son repas du soir après sa tournée journalière : jus de betterave et chaton mort-né.

5 L’adieu à la reine (Annaiq le Quellec) : L’humanité fuit la Terre, caillou desséché dont toutes les réserves ont été outrageusement épuisées. Une femme vient assister à un spectacle étrange : on brûle ce qui reste de la grande flotte espagnole dans le port de sa ville. La fin d’un monde et la fin d’une époque.

6 Mars (Renaud Ehrengardt) : Benjamin et Rafael ont dix ans. Il est temps pour eux de passer leur initiation. Le sage du village les envoie chercher un objet mystérieux par-delà la Montagne Bleue, là où vivent les fantômes.

7 Au nom d’Athée (Mathieu Dugas) : Après avoir traversé la moitié de la planète à la recherche de sa femme, Paik Young Il devra affronter des pirates toulonnais qui se sont installés sur les côtes ainsi qu’une secte aux mœurs étranges adorant un Dieu mystérieux répondant au nom d’Athée. Dans une Provence sans foi ni loi, il devra se battre pour survivre et retrouver son épouse.

8 Protéger et servir (Thomas Baronheid) : La vie se déroule paisiblement dans le Foyer. Les robots pourvoient à tous les besoins des humains sans qu’ils aient à se préoccuper du monde extérieur, qu’ils n’ont jamais vu. Mais un jour, ce havre de paix est bouleversé par une étrange attaque…

9 Sur les traces du Dragon-Tangible (Anthony Boulanger) : Le monde est noyé dans une épaisse fumée noire et toxique. Seul moyen de repousser ces volutes mortelles : les hydrocarbures. S’étant installés sur les aires d’autoroute, les survivants s’interrogent sur les traces étranges retrouvées un matin au bord de la route et qui évoquent une créature mythique issue du nuage obscur : le Dragon-Tangible.

10 Derrière le désert (Svetlana Kirilina) : Qu’y a-t-il au-delà de ce désert apparemment sans fin qui cerne le petit village de Mara ? Une question qui l’obsède depuis son plus jeune âge. Poussée par les voix mystérieuses qui émanent du désert, elle envisage d’entreprendre cet ultime voyage au bout de l’inconnu.

Mon avis
Les nouvelles proposées sont différentes aussi bien sur le fond (axe choisi) que sur la forme (taille et narration, style différents). Chacune d’entre-elles possède pourtant un point commun : elles se centrent toutes sur l’histoire de personnages pris dans la tourmente de fin du monde. Cette fin ne représente pas, en elle-même, le sujet principal. Comme le titre le précise, le lecteur se trouve projeté sur les ruines de mondes en perdition: soit parce que la fin a déjà eu lieu et que les survivants s’organisent (sur la terre et ce qu’il en reste, sur les restes de notre civilisation, ou même ailleurs, loin de ses ruines, ou sur une autre planète), soit parce qu’elle arrive (plus ou moins vite) et que le monde tel qu'on l’a connu n’existe déjà plus. D’ailleurs, jamais cette fin du monde n’est décrite, dans aucune de ces nouvelles. Souvent les auteurs restent vagues sur les événements qui l’accompagnent. Quand elle est explicitement citée, on retrouve des causes banales comme l’arrivée d’une météorite, d’un cataclysme. Seulement dans la nouvelle « Sur les traces du dragon tangible » la fin du monde, tel que nous le connaissons, s’avère particulièrement originale, car elle survient suite à un enténèbrement mondial et à la perte du soleil. Cette nouvelle s’appuie entièrement sur les suites de cet événement. 

Face aux dangers, les personnages se trouvent confrontés à un choix: celui d’affronter les événements ou de les fuir au sens propre comme au sens figuré. Evidemment, quand arrive la fin du monde, la question reste la même : que ferions nous ? (pour faire face à ce qui la précède ou ce qui la suit ) Ici les personnages connaissent les tourments du choix, mais une fois la décision prise, ils le vivent comme une libération. Dans la possibilité de choisir, réside la liberté d’influer sur son destin. 
Pour la plupart, le choix de fuir s’impose, pourtant cela n’empêche pas les hommes de construire leur propre prison : « Schrödinger » en est un parfait exemple. En effet, le choix s’avère essentiel. Le personnage principal accepte d’être enfermé pour un projet de repeuplement de la planète. Après quelques années d’isolement, il ignore quel est l’état actuel du monde extérieur. Y a-t-il des survivants ? Est-il seul au monde ? Que fera-t-il ? Va-t-il sortir pour affronter ce monde extérieur, quand tant de données inconnues subsistent ? Malgré l’enfermement, pour lui, choisir c‘est se libérer d’un poids : la conclusion de la nouvelle l’illustre particulièrement bien. 
Dans « La fête », les survivants fuient la réalité et le monde extérieur en se réfugiant dans une bulle de fête, mêlant alcool, drogue, et danse comme moyen ultime de s’exprimer. Aucun éloignement de cette « bulle », donc de cette fête permanente et de ses effets abrutissants, n’est permis. Ce choix devient vite une prison. On retrouve ce concept dans « Protéger et servir » où les humains sont enfermés dans des couveuses avec des robots qui s’occupent de leur bien être, mais se voient privés de tout libre arbitre. 
La fuite observée s’avère très différente dans « Le sac Koala », car involontaire. Une petite fille autiste, prisonnière de son propre monde, s’y réfugie coûte que coûte et ne semble pas prendre conscience de ce qui se passe autour d’elle. Seuls les inconforts et désagréments qui leurs sont liés l’interpellent: le personnel de l‘hôpital l‘abandonne pour fuir et plus personne ne s’occupe d’elle. Seule la faim finit par la faire réagir.

La fin du monde annonce également le temps des regrets : de la civilisation, du confort ou de ses propres actes, volontaires ou non.
Dans « Schrödinger » , le personnage fait face à l’enfermement et à l’isolement en s’absorbant dans la culture qui fut la sienne : il enchaîne musiques, films et livres, qu‘il a visionnés, écoutés déjà mille fois. Mais peut lui importe, il s‘accroche aux souvenirs de sa vie passée. On comprend que son enfermement fut une décision difficile à prendre et qu’il regrette sans doute maintenant, même s’il doit s’en accommoder. Si sa femme l’avait retenu, peut être aurait-il refusé. Peut être était-ce plutôt, à l’origine, du bluff pour essayer de la faire réagir. 
Dans « le sac Koala » c’est Paul qui regrette amèrement d’avoir laissé sa fille dans un institut et se demande comment elle affronte les événements, entourée d’étrangers. On ne peut que lui donner raison, quand on sait qu’elle se retrouve seule, abandonnée par ceux sensés s‘occuper d’elle. La double narration proposée par l’auteur, le journal de Paul, la narration du point de vue de sa fille, joue de cette tension et sollicite la compassion du lecteur. La culpabilité et la prise de conscience de Paul aurait-elle été aussi vive, sans l’arrivée de la fin du monde ?
« Au nom d’Athée » nous propose une vision légèrement différente, mais très intéressante. Ray Young-Il regrette la vie qu’il aurait pu avoir, une vie de famille, avec sa femme et leur enfant, dont on l’a éloigné en l‘envoyant en prison. C’est parce qu’il les cherche et qu’il veut rattraper le temps perdu, qu’il se trouve entraîné dans bien des mésaventures : son passé influence son destin de façon insoupçonnée. 

La fin d’un monde, peut également signifier l’évolution de notre monde, un changement radical, voire d’autres civilisations qui le remplacent. 
Certaines nouvelles nous dépeignent un monde sombre et impitoyable qui se superpose au notre, un monde qui se détériore et court à sa propre perte. La population y vit dans la misère, sans espoir de voir son sort s’améliorer et cherche la moindre source de réconfort : dans une vie de famille à reconstruire, dans une religion à trouver, ou dans la foi en l’humanité à retrouver. Parallèlement, les comportements déviants, cruels et impitoyables se généralisent.
C’est le cas pour « Monsieur le vétérinaire fait sa tournée », où se propagent insécurité, maladies et bidonvilles dans la ville du Havre, ou dans « Au nom d’Athée » où des pirates esclavagistes et fanatiques religieux sans scrupules entraînent leur monde, de manière plus ou moins subtile, dans une folie barbare. 
D’autres nouvelles présentent leurs univers sous un jour différent et coupent définitivement du mode de vie de notre civilisation. Les ruines, seuls vestiges de celles-ci, deviennent l’objet d’une quête ou d’une initiation, comme s’il était possible de tirer leçon des erreurs du passé, alors que ces civilisations éteintes continuent à exercer leur fascination. Dans « Mars », deux adolescents n’échappent pas à la « traditionnelle » aventure initiatique que leur impose leur village et partent visiter les ruines de l’ancien monde. La nouvelle propose un joli retournement de situation et un peu d’humour mêlé d’espoir à la fin. Dans « Derrière le désert » l’exploration se fait plutôt énigmatique et les traces du passé mystérieuses et envoûtantes. 
« Sur les traces du dragon tangible » diffère de ces nouvelles, puisque notre monde change suite à un phénomène d’enténèbrement. Le soleil disparaît, coupé de la terre par des nuages qui envahissent notre terre. D’étranges et dangereuses créatures les accompagnent. Les hommes s’organisent face à cette nouvelle menace. L’univers décrit est le plus riche et le plus fascinant du recueil. Cependant , l’exploration de l’univers de la petite fille autiste, ou plutôt du reflet de notre univers tel qu’elle le conçoit, est tout aussi intéressant.

En conclusion, le recueil propose une vraie réflexion et une vraie cohérence dans le choix de ses nouvelles. Chacune se démarque par son style et sa narration, mais le style de chacune est fluide et agréable à lire. Certaines nouvelles sont courtes, voire bien trop courtes ! J’aurais par exemple aimé en lire un peu plus sur l’univers riche et passionnant de « Sur les traces du dragon tangible » dont la fin arrive un peu abruptement. Ce format court fut pourtant approprié pour «  L’adieu à la reine », fort bien écrit et intense, bien que peu développé. 
D’autres nouvelles sont longues, voire bien trop longues: il m’a été difficile d’arriver au bout de « La fête » et «  Derrière le désert » qui auraient pu être plus percutantes en supprimant quelques incohérences et longueurs, les rendant confuses. Par contre, « Au nom d’Athée » fait partie des plus longues, mais elle s’est révélée si passionnante, qu’elle se dévore rapidement. Cette nouvelle est d’ailleurs un vrai coup de cœur !
Parmi les autres nouvelles du recueil j’ai également beaucoup apprécié « Le sac koala » et « Mars », tout deux touchantes à leur façon, ainsi que « Schrödinger», première nouvelle du recueil qui propose une bonne entrée en matière.
Globalement, la lecture fut donc très agréable.

Le Bracelet électronique, de Guillaume Perrotte


Le bracelet électronique relate l’histoire d’un couple qui se déchire et dont la relation devient chaotique, quand Jo (le mari) bascule dans la violence. Celui-ci nous raconte sa descente aux enfers, quand sa femme Nath déménage dans la maison voisine. Bien qu’elle assure se rapprocher de lui pour qu’il puisse voir son fils, il s’interroge longuement sur ses véritables intentions. On découvre peu à peu les dessous de leur relation, de l’amour à la haine. La violence est omniprésente et se traduit par une tension latente. La passion de départ a laissé place à la violence verbale pour elle, et physique pour lui. 

L’auteur, Guillaume Perrotte nous propose un récit à la première personne, du point de vue de Jo. Ce choix peut paraître singulier, puisque Jo est ici l’agresseur, mais il se justifie bien vite et devient fort intéressant à la lecture. En effet, la stratégie se révèle excellente, pour faire douter le lecteur et le faire osciller entre les deux personnages. Est-il parano et jaloux, comme l’accuse Nath ? Est-elle l’aguicheuse provocante qu’il nous décrit ? On s’interroge sur les motivations des deux protagonistes, sur leurs intentions, sur la véracité des dires de Jo et peu à peu sur sa lucidité. La vérité apparaît au fur et à mesure du récit, qui apporte au compte goutte des réponses aux questions que l’on se pose. 

L’organisation du récit repose sur le flashback, qui nous fait remonter au moment où tout a basculé: quand Jo a frappé Nath, moment où celle-ci évoque les souvenirs de ses infidélités. Au fur et à mesure que Jo nous restitue ses révélations, on assiste à sa chute de plus en plus vertigineuse dans la haine et la folie. On se demande pendant longtemps quelle en est l’origine. Et sur ce point, l’auteur sait nous tenir en haleine (malgré quelques longueurs répétitives) avant de nous dévoiler ses véritables blessures psychologiques.

Les situations choisies et dialogues sont percutants. Par contre, j’ai eu un peu de mal à visualiser les personnages, par un léger manque de descriptions. 
L’érotisme s’insère de manière subtile: dans les souvenirs des infidélités évoquées, dans la tension toujours présente, dans une sensualité latente, souillée (selon Jo) par la trahison et la luxure présumée de Nath. 

En conclusion, la nature même du récit et le choix de la narration font du « Bracelet électronique » une lecture intense. L’aspect psychologique prend le dessus sur l’aspect érotique, mais le récit est empreint d’une tension sexuelle latente, ponctuée par les récits des infidélités de Nath. 

Merci au forum "Au coeur de l'Imaginarium" et aux éditions Dominique Leroy (collection e-ros) pour cette belle découverte. 

lundi 22 septembre 2014

Manhattan Ghost, de Philippe Ward et Mickaël Laguerre





Résumé

Elle attendit que son cœur reprenne un rythme normal avant de se décider à gagner le bar. Elle allait être en retard maintenant. 
— Bonjour Lisa. 
La jeune femme se retourna brusquement, surprise d’être ainsi abordée dans ce quartier. 
— Peter, mais que fais-tu ici ? Elle s’arrêta soudain, consciente de l’incongruité de sa question. Peter Monoghan était décédé trois ans plus tôt d’un cancer généralisé dû au surmenage, à l’alcool et surtout à l’abus de cigarettes. Et il se trouvait face à elle, vêtu du costume bleu que Lisa lui avait toujours connu. Ses épaules étaient plus voûtées, son visage plus pâle que dans ses souvenirs. Il lui souriait.
 — Tu es resplendissante, comme toujours.

Lisa Kilpatrick, une pure New-Yorkaise, travaille dans la police, mais sa véritable passion demeure la musique. Un soir par semaine, après son service, elle joue du piano et chante dans un club new-yorkais. Un jour, elle assiste au Manhattanedge. Un soir par an, le soleil couchant se retrouve juste au milieu de la 14th Rue, dans un alignement parfait vers l’Ouest. Et là, elle va basculer dans un autre monde, celui des Fantômes de Manhattan.

Manhattan Ghosts est un hymne à New York. À travers des photos et un texte, c’est toute la grosse pomme que vous dévoilent Mickaël LAGUERRE et Philippe WARD.


Mon avis

Avec Manhattan GhostPhilippe Ward et Mickaël Laguerre nous proposent de redécouvrir le vrai visage de New York. Ce n’est pas l’optique touristique qui y est prégnante. En effet, on n’y trouve pas une visite guidée de lieux populaires, mais une immersion dans un New York caractérisé par sa constante effervescence, son histoire, sa structure et sa culture. Les deux artistes dépassent l’image superficielle, populaire et touristique, pour s’attacher à son « vécu », à ses habitants, ainsi qu’aux valeurs qu’elle véhicule.
Dans ce sens, la nouvelle et les photographies s’avèrent complémentaires et efficaces : le lecteur se retrouve plongé au cœur de la ville et plus précisément dans le quartier de Manhattan dès les premières pages.
Le livre, se composant de doubles pages images-texte (chacun se tenant sur une pleine page, face à face) gagne donc son efficacité par son organisation. Loin de tenir le simple rôle d’illustrations pour les photos ou de simple accompagnement écrit pour la nouvelle, les deux possèdent leur propre cohérence, et grâce à leur complémentarité, insufflent l’esprit new-yorkais au fil des pages.

Dès que l’on tourne les pages, les photographies de Mickaël Laguerre nous invitent au voyage. Celui ci diversifie les situations et les angles de prise: vues aériennes, moments d’animation des rues, scènes prises sur le vif, monuments et bâtiments célèbres ou plus anonymes, scènes diurnes ou nocturnes. Les couleurs et les jeux de lumières subliment également certaines de ces photographies. D’ailleurs, qu’elles soient en couleurs ou en noir et blanc, chacune d’entre-elles porte une part de l’âme des lieux. Elles sont vivantes et semblent vouloir partager avec le lecteur des instants d’intimité figés dans le temps.

La nouvelle nous aide également à entrer dans la ville et plus précisément dans le quartier de Manhattan, en compagnie de Lisa. Personnage principal de la nouvelle, elle s’avère un personnage riche et bien construit, que l’auteur prend le temps de nous présenter et que l’on accompagne avec plaisir. Pure New-yorkaise, malgré ses origines irlandaises, qui lui valent une jolie chevelure rousse, elle aime New York, ses rues et son animation et nous fait partager son affection. Si le départ reste très réaliste, assez proche de l’image que l’on se fait de la ville, l’histoire vire bientôt au fantastique, quand Lisa se retrouve dans un New-York parallèle peuplé de fantôme. Elle oublie les crimes horribles sur lesquels elle enquête dans la réalité pour se consacrer à une énigme bien différente, puisqu’il s’agit de résoudre la disparition de John Lennon. L’auteur nous emmène donc dans ce New York parallèle, à la fois si particulier, mais finalement si peu différent et ponctue son récit de personnages célèbres et de références musicales, artistiques et culturelles. Si certaines me sont inconnues, d’autres sont très évocatrices et contribuent à intensifier l’esprit new-yorkais que les auteurs ont voulu transmettre.
La musique tient d’ailleurs une place importante dans le récit. Chaque chapitre débute avec en introduction les paroles de chansons. Si elles vous sont familières, elles vous trotteront dans la tête pendant la lecture ou en admirant les photographies, sinon, vous pourrez toujours faire de belles découvertes en visitant le site consacré à New York (et par conséquent au livre) proposé par les deux artistes : http://visiondenewyork.photos/
La musique apparait également dans la nouvelle comme un rêve, un moyen d’évasion et, on le devine, d’évolution (voire de révolution) dans la vie de Lisa.
Le style fluide de l’auteur agrémente le voyage. Seulement la résolution de l’intrigue semble un peu rapide (voire facile). On quitte pourtant Lisa à regret, tant elle s’est révélé un personnage attachant et un agréable guide et on garde le sourire, car on peut deviner que la magie de New-York saura opérer et lui accorder des jours meilleurs.

En conclusion : je me suis laissée séduire par la vision de New York proposée par Philippe Ward et Mickaël Laguerre. Photos, texte, références musicales, culturelles et artistiques contribuent à dévoiler toute la richesse et les nuances de New-York. Immersion totale assurée !



mardi 16 septembre 2014

Le Testament de Galilée – 1. L’oeil, de Sébastien Tissandier



Résumé

Nous sommes tous génétiquement différents. Nos capacités dépendent de notre patrimoine génétique. Et ce n’est pas Jules Galio qui dira le contraire : il est l’assistant de recherches d’un des Professeurs les plus renommés dans le domaine de la génétique.

Mais lorsque la NASA fait appel à eux pour étudier le génome d’individus aux capacités particulières, Jules est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer : ces individus sont mystérieusement assassinés par une organisation se faisant appeler « Les Originels ».

Jules et ses compagnons partent en quête des survivants, mais ce qu’ils découvrent est sur le point d’ébranler leurs certitudes et les amène à se retrouver impliqués dans un affrontement lié aux travaux de Galilée il y a plus de 400 ans !

Entre amitiés, passions, trahisons et affrontements, seules les capacités pourront faire la différence !


Mon avis

On entre sans mal dans le récit mené à la première personne. Nous faisons la connaissance de Jules Galio, assistant du professeur Lombard, chercheur au CNRS.
De premier abord deux choses peuvent déstabiliser:
- ne pas se trouver du point de vue de l’un des mutants (le résumé alléchant donne envie de se lancer aussitôt dans l’aventure avec l’un de ces êtres modifiés génétiquement), et on ne s’attend pas à assister d’entrée de jeu aux discours et explications scientifiques de chercheurs.
- ce même discours scientifique peut également gêner le lecteur, car trop développé et simplifié, il semble peu naturel. En effet, la discussion entre les scientifiques reste artificielle, tant elle cherche à se placer à la portée du lecteur. 

Malgré ces petites gênes au démarrage, Sébastien Tissandier réussit à emporter le lecteur par sa plume maîtrisée et agréable et on se retrouve vite piégé par le livre, car l’aventure arrive et elle s’écrit avec un grand « a ». Si l’installation de Jules dans ses quartiers et dans l’intrigue prend son temps, des chapitres transitoires avec changement de narrateur nous permet de découvrir et d'accompagner les mutants, victimes d’un mystérieux groupe d’illuminés aux intentions obscures, cherchant à les supprimer un par un. 

La toile de l’intrigue se met vite en place et on s’aperçoit que Sébastien Tissandier en tient les fils de manière sûre et efficace : si elle reste simple, elle est cohérente et maîtrisée, agréable à suivre, d’autant qu’elle apporte son lot de surprises, car les rebondissements ne manquent pas. 
Grâce à son style vif et assuré et une mise en place nerveuse du récit, notamment grâce à des chapitres courts, des descriptions bien dosées qui s’insèrent avec naturel et des dialogues vivants, le lecteur se régale et ne lâche plus sa liseuse jusqu’à la fin de ce premier tome.

On retrouve cette simplicité de l’intrigue dans le schéma « gentils » et « méchants ». Mais, si le lecteur se laisse gentiment embarquer, il est vite mis à mal : entre les suspicions et trahisons, mais aussi la cruauté des dits méchants (même s’ils répondent à des clichés assez courants) qui gagnent leur crédibilité par leurs actes ignobles. 
Du côté des « gentils », Sébastien Tissandier réussit parfaitement à rendre ses personnages attachants. Il parvient à retranscrire et à faire partager leurs sentiments, sans jamais tomber dans le larmoyant, mais avec sincérité, pudeur et intensité. Le lecteur n’a aucun mal à s’identifier à eux, à comprendre et ressentir leurs émotions: amitié, amour, confiance, et loyauté. 
Les touches d’humour et de moments de tendresse (amicale et familiale) ponctuent également le récit et allègent la tension… mais n’est-ce pas pour mieux tenir encore le lecteur et le plonger dans la peur et finalement dans l’horreur ? On tremble pour les personnages que l’on a appris à aimer et Sébastien Tissandier ne les épargne pas. 

En conclusion : même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman, une fois qu’il m’a happée, je ne l’ai plus lâché. Je suis restée bluffée par la maîtrise de l’auteur. Sébastien Tissandier tient sans mal son lecteur, grâce à une intrigue simple, mais efficace, des personnages charismatiques et un style fluide et agréable. J’ai passé un excellent moment à la lecture de ce premier tome du testament de Galilée et je lirai la suite avec plaisir.

Merci au forum Au cœur de l'Imaginarium et au éditions L'ivre-book pour cette belle découverte.

lundi 8 septembre 2014

Poupée de chair d'Isabelle Lorédan



Résumé
Histoire d'amour dans laquelle les sentiments profonds de deux êtres s'expriment dans une relation de domination, Poupée de chair est un récit érotique intense et émouvant.


De la rencontre de Claude dans les années 1960 jusqu'à l'époque contemporaine, les années s'écoulent, riches d'expériences. Claude pousse Solana à franchir progressivement certaines limites, de la simple fessée au fouet, d'une corde qui enserre son corps au port d'un collier définitif, signe de son entière soumission.



À travers un récit à la première personne, Solana évoque le couple atypique qu'elle forme avec son maître, qui est aussi l'homme de sa vie : cinglant, attachant, et avant tout aimant.



« Le temps que nous passions l'un sans l'autre était devenu pesant tant pour lui que pour moi. »



Isabelle Lorédan est l'auteure de plusieurs nouvelles, dont Un, deux, trois... Nous irons en croix et Que la chair exulte ! Elle s'attache à narrer des situations où une femme trouve un épanouissement à travers la sexualité et le lien qui l'unit à autrui, homme ou femme.

Mon avis
« Poupée de chair » se présente sous la forme d’un témoignage fictif, écrit à la première personne. Cette nouvelle offre une immersion dans la vie d’une femme qui relate son expérience, s’exprimant avec sincérité et émotion, sans tomber dans la vulgarité.
A la lecture, on ressent la volonté de l’auteur de transcrire avant tout une histoire d’amour vraie et des pratiques D/S plus proches de la réalité (ce qui n’enlève rien à leur caractère intense et réservé à un public averti): Isabelle Lorédan y évoque la passion d’un couple engagé à la fois dans une relation stable et intense et dans une relation dominant/soumise. Celle ci se construit donc dans la durée et le sérieux. Elle suit par conséquent une évolution progressive et logique, et répond également à des codes impliquant le respect des désirs et de la volonté de l’autre. Elle se transforme même en véritable initiation pour la jeune femme qui, de toute sa vie ne connaîtra pas d’autre « Maître » et apprend tout de son compagnon.
Malgré une évolution cohérente, on regrette un peu que la jeune femme ne fasse part d’aucune hésitation, quand il s’agit de se lancer dans cette relation ou dans les séances proposées. Même si cette insouciance correspond à son caractère et fait partie de l’histoire du couple, car savoir se livrer et avoir une confiance absolue en l’autre constitue le fondement de leur amour et de leur relation, on aurait pu imaginer que quelques doutes subsisteraient avant qu’elle ne se livre totalement. L’acceptation paraît presque trop facile et le personnage semble alors dénué de toute volonté.
On passe pourtant outre ces détails, car Isabelle Lorédan parvient à nous présenter un personnage, qui même dans les situations les plus extrêmes, se sent belle sous le regard de son amant.

Le récit proposé est pensé et construit : même s’il s’agit du témoignage d’une vie entière, on ne s’ennuie pas. L’auteur alterne scènes plus intenses et moments tendres du quotidien, qui donnent à la fois du rythme et de la consistance à l’amour du couple. J’aurais parfois aimé avoir un aperçu plus approfondi de leurs discussions, leur ressenti et leurs conséquences sur les séances suivantes.

En conclusion, ce fut une lecture agréable. J’aurai pourtant apprécié que certains points soient approfondis pour m’aider à mieux comprendre encore ce couple. Pourtant, l’auteur a su retranscrire leur amour et leur passion grâce à un récit bien construit, rythmé et bien écrit.
Je remercie le forum Au coeur de l'Imaginarium et les éditions Dominique Leroy (collection e-ros), pour cette belle lecture.

samedi 6 septembre 2014

Terre zéro Jean Bury

Terre zéro - Jean Bury

Résumé
Paris, dans les années 2040 
Christophe Vrécourt vient de se faire embaucher chez Impérium Industries. Le projet qu’on lui propose est si alléchant qu’il ne peut refuser le poste malgré la réputation douteuse du groupe. 
Seulement, quand Christophe se rend compte qu’Impérium est bien plus avancé qu’ils ne voulaient le dire sur le sujet, il commence à se poser des questions. L’intelligence artificielle sur laquelle il devait travailler est en fait un androïde plus vrai que nature. Thomas, 15 ans. 
Mais qu’est vraiment Thomas ? Et qu’est le vrai projet que semble dissimuler Impérium 
Industries ? 
En quête de vérité, Christophe mettra à jour le secret bien gardé du géant industriel. Un secret innommable qui dépasse en horreur tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Mon avis
Terre zéro démarre par un moment clé du récit: le kidnapping (ou une évasion, tout dépend de quel point de vue on se place) d’un enfant  dans un illustre laboratoire de recherche. Cette scène privilégiant l’action, une narration et des dialogues soignés scotchent le lecteur à sa tablette dès les premières pages.
L’auteur remonte ensuite le temps pour nous expliquer les motivations du kidnappeur Christophe Vrécourt, chercheur en sciences du comportement. Il le présente: sa vie, son travail, ses recherches, avant que n’arrive Thomas (l'enfant), puis met progressivement en place la relation qui s’établit entre eux, ainsi que les enjeux véritables qui se cachent derrière cette première scène.

Si l’histoire peut paraître basique au premier abord, elle se complexifie vite. D’autres personnages capitaux pour l’intrigue viennent s’en mêler: la mère de Christophe, elle-même à la tête d’un grand groupe de recherches dont le passé semble bien trouble, mais aussi une médium, dont les visions de fin du monde, d’abord décrochées du récit s’insèrent dans l’intrigue, et apportent un éclairage différent sur l’histoire de Thomas.
De nombreux personnages, également très soignés, les rejoignent rapidement. Ils trouvent parfaitement leur cohérence dans le récit et possèdent tous leur propre histoire, leurs propres motivations et objectifs, influant de manière directe ou indirecte sur l’intrigue principale. On s’attache à chacun d’entre eux, même si la relation privilégiée reste celle des deux personnages principaux : Thomas, le jeune garçon et Christophe. J'ai pris plaisir à suivre ces personnages et à découvrir leurs petits secrets, ainsi que  le dénouement que l’auteur leur réserve. Celui ci ne néglige d’ailleurs pas les intrigues secondaires. Celles ci se développent et d’autres s’y ajoutent (bonds dans le passé: l’histoire rattrape le présent, les conflits passés influent sur la vie des protagonistes), et apporte des réponses à chacune d’entre elle.

Le concepts de Stase et  de Terre zéro sont de belles découvertes. Et, si l’auteur utilise des codes (voire des clichés) propres à la Science Fiction (les clones, les guerres industrielles et mondes parallèles), il les exploite avec intelligence. Si on ajoute à cela une intrigue maîtrisée, développée et exploitée avec profondeur, on comprend pourquoi le roman a su gagner sa propre originalité .

En conclusion, je me suis laissée porter par la plume très agréable de l’auteur jusqu’au dénouement final. Impossible de lâcher le livre une fois commencé, tant j'étais captivée par l'intrigue et les personnages. Je remercie le forum Au cœur de l’Imaginarium et les éditions House Made Of Dawn pour cette excellente découverte: Terre zéro est un véritable coup de cœur !

jeudi 7 août 2014

Voulez-vous mourir avec moi de Francis Ryck



Résumé :

Il voyage en solitaire, ne prémédite rien, mais c'est déjà la quatrième qu'il tue. Il se sent si seul... quand il les étrangle, il a enfin l'impression de partager quelque chose avec un autre être humain. Elle s'ennuie tellement que quand il glisse ses mains autour de son cou, elle est plutôt soulagée : enfin, tout ça va s'arrêter... Aucun des deux ne s'attendait à ça : ils tombent amoureux.

Mon avis :

Le roman « voulez vous mourir avec moi » évoque la rencontre entre deux personnes: un tueur en série et une jeune fille solitaire. Principalement centré sur leur relation, il propose au lecteur une atmosphère étrange, qui constitue sa particularité.

Dès le début du roman, le ton est donné. La description du meurtre d’une jeune fille nous dévoile un homme violent et sadique, usant aussi bien de la violence psychologique que physique. On découvre le mode opératoire du tueur. Il installe un climat de confiance avec la victime, se montre tendre et rassurant, avant d’annoncer, gardant toujours le même ton qu’il va la tuer. Il déchaîne ensuite sa violence.
Les scènes évoquées dans le roman sont intenses, difficiles à lire. Cependant, le choix d’une narration externe à la troisième personne permet un recul au lecteur qui les rendent « supportables ». Difficile d’éprouver de la sympathie pour ce personnage, malgré, les failles qu’il laisse paraître le long du roman, au contact de la jeune fille. Même si on apprend à connaître son identité, sa vie et ses motivations, il reste tout de même aux yeux du lecteur, un meurtrier, froid et insensible. 

La jeune fille, difficile à cerner, semble être un être solitaire. Son insensibilité le rapproche de lui. Suicidaire, elle se moque de ce qui peut lui arriver. C’est sans doute pour cela qu’il lui laisse la vie sauve. Elle s’attache à lui, jusqu’à devenir dépendante. Ils ne se quittent plus et la relation qui s’établit entre eux la galvanise.

Le récit raconte avec simplicité leur vie de couple. On aurait vraiment l’impression de découvrir un couple ordinaire, si ils n’évoquaient pas les souvenirs du tueur et leurs planifications de meurtre. Ces propose s’insèrent dans leur vie et dans leurs conversations avec un naturel assez troublant. En effet, l’auteur alterne à la perfection les moments de la vie quotidienne et les confidences malsaines entre les deux amants, sans que ce ne soit choquant ou perturbant pour le lecteur.

La relation entre les amants gagne peu à peu en profondeur et en  complexité. 
Elle le suit sans poser de question, est prête à tout pour lui. Il joue avec elle, lui fait mal, la pousse à bout pour mieux tester ses limites. 
Ensemble, ils ajoutent un degré supplémentaire à la violence, et sortent du mode opératoire habituel. Leur seule motivation paraît être le besoin de tromper l’ennui… Pourtant, on sent qu’il y a bien plus que cela, comme un jeu pervers et sadique, où les conséquences n’ont aucune importance. Pourtant, ils seront rattrapés par les conséquences de leurs actes qu’ils ne  regretteront à aucun moment.

L’auteur possède une plume fluide qui rend le roman plus léger et agréable à lire, malgré un sujet lourd. Il apporte une touche de fraîcheur dans ses dialogues, en s‘appuyant sur les plaisirs simples du quotidien. Le roman se lit par conséquent rapidement. L’envie de ne pas le lâcher  prend également le dessus, car on se demande comment cette histoire peut finir… et la fin laisse perplexe. Bien qu’elle ne soit pas incohérente, elle reste inattendue. Elle surprend et déstabilise, un peu comme le fait l’ensemble du roman. 

En conclusion: difficile de dire si j’ai aimé ou non ce roman. Je l’ai dévoré et j’ai apprécié ma lecture, pourtant il m’a laissé un goût d’amertume une fois terminé, car tout y est noir et sans espoir.

Je remercie Au cœur de l'Imaginarium et les éditions French Pulp pour cette découverte.

samedi 26 juillet 2014

"En terre inconnue", un challenge comme je les aime !

Je me suis inscrite récemment au challenge "En terre inconnue" du forum "Au cœur de l'imaginarium".
Il s'agit de lire de la science fiction, genre que j'apprécie particulièrement, mais que je ne lis pas assez à mon goût.

J'ai donc choisi le palier le plus élevé : "May the force be with you" ! Dix livres à lire sur une année, je devrais même dépasser cette limite sans problème.


Premier bilan pour sur ce challenge:

- Première lecture pour ce challenge : Niourk de Stefan Wul (chronique dans un prochain article).

- Lecture en cours : "Le Testament de Galilée" de Sébastien Tissandier. 

- Prochaines lectures : "Les étoiles regardent aussi" de Julien Morgan et "Sur les ruines du monde" (anthologie).

Et, comme ma Pal ne manque pas de lecture SF, ce ne sera pas difficile de trouver d'autres romans passionnants à lire.

lundi 7 juillet 2014

La Fée de la Mousse de Philippe H. Besancenet



Résumé

Bienvenue au Royaume de Gwann ! Avec son monstre ravisseur de princesse, ses momies tueuses, sa fée sans baguette, son festival folk et des bains de boue à volonté, vous vous sentirez vite à l’aise.
Ici, rien n’est comme il paraît être. On y trouve la gloire comme la mort, les ennuis comme l’amour.

Mon avis

Un jeune prince se lance à la poursuite de sa fiancée, afin de la sauver des griffes du monstre qui l’a enlevée, et l‘épouser. Il demande l’aide de la fée de la mousse, mais évidemment rien ne se passe comme il l’avait prévu.

Dans le conte « La fée de la mousse », l’auteur propose un style soutenu, qui plonge immédiatement le lecteur dans une atmosphère de conte de fée. S’il répond aux codes du conte traditionnel, c’est pour mieux le contourner et emmener le lecteur dans son propre univers.
Les scènes sont détaillées avec précision et le récit conté avec une touche d'humour et de merveilleux très agréable. L’auteur accompagne également ses descriptions d’une douce féerie: une nature personnifiée , un château vorace (le fumeur rouge), des créatures féeriques et merveilleuses, entourées d’animaux qui vivent en harmonie dans le marais.

Les personnages répondent aussi aux rôles typiques des contes de fée, et l’auteur a su s’approprier ces codes pour les caractériser, sans tomber dans le piège du cliché.
On s’attache facilement à Odla, petite naïade, gracieuse fée de la mousse, personnage frais et simple.
Le prince quant à lui apparaît chevaleresque et romantique, comme tout prince charmant qui se respecte, mais se révèle aussi un peu obtus d‘esprit. En tant que souverain, il ne connait pas le marais et ses sujets et veut s’imposer de par sa fonction. Heureusement, la fée est là pour l‘aider.
Ces deux personnages partagent la même innocence. Pourtant, l’auteur comble notre espoir de les voir évoluer au cours de l’histoire.
Le prince amorce, en effet, un brusque changement dans sa vision des choses. Il comprend alors ce qui s’avère important ou non, entreprend des sacrifices, mais aussi une nouvelle quête.
La reine, toujours appelée ainsi, ce qui lui donne un petit côté impersonnel, se montre dès le début sous un jour maléfique: à la fois sensuelle, cruelle et insensible. On comprend vite l’opposition entre ce personnage et celui de la fée Odla: tout les destine à devenir ennemies.

Chacun de ses personnages investit à sa manière le marais, scène principale où se déroule l’histoire. Il s’agit d’un lieu qu’il faut apprendre à connaître: dangereux, prêt à vous happer pour le prince (terre et vase se confondent), mais d’une richesse inouïe quand on sait le regarder et comprendre sa faune et sa flore. Odla en connait chaque recoin et accorde de la valeur à toute vie quelle qu’elle soit. Elle reconnait ce qu’il y a de précieux en lui. C’est-ce qui sépare et différencie, au départ, la fée et le prince, obnubilé par les codes chevaleresques, trop aveuglé par son éducation: celui ci n’y voit tout d’abord que des terres incultes. C’est également un lieu d’harmonie pour les animaux et créatures surnaturelles, mais menacé par la reine et son château qui le dévore peu à peu.

Si la fin n’apporte pas de réelle surprise, elle reste toutefois bien menée et ne manque pas d’action. Elle garde également jusqu’au bout la touche personnelle de l’auteur. Pour venir à bout des épreuves qui l’attendent et sauver celle qu’il aime, le prince reçoit l’aide de mystérieux personnages: les hommes bruns, sorte de momies des marais, dont on apprécie l’apparition et l’intervention originale.

En conclusion, j’ai passé un très bon moment à la lecture de « La fée de la mousse », car l’auteur a réussi à mettre en place son propre univers, en s’appuyant sur les codes des contes de fées traditionnels. J’ai également beaucoup apprécié son style et la touche de merveilleux.
Je remercie "les éditions P'tit Golem" et "Au coeur de l'Imaginarium" pour cette charmante lecture.

jeudi 3 juillet 2014

Otaku Tōkyō isshūkan, Une semaine au cœur de la passion manga de Morgan Magnin



Otaku Tokyo se présente comme un petit guide de voyage assez fin, donc léger et bien pratique pour le glisser dans un sac . La couverture et le titre annoncent d’emblée le type d’informations qu’il fournit à son utilisateur: un guide fonctionnel pour découvrir Tokyo avec l’optique Manga. Si le guide touristique dénote par cet aspect des autres guides traditionnels, il n’en reste pas moins agencé de manière pratique et peut s’avérer d’une grande utilité pour les futurs touristes, amateurs de mangas.

Le guide est organisé par localisations. L’auteur propose de visiter des lieux, en gardant à l’esprit une logique de proximité et de facilité d’organisation. Il l’a d’ailleurs lui-même testé et Otaku Tokyo prend parfois des allures de carnet de voyage. On y sent l’évocation des souvenirs et la propre expérience de l'auteur dans les conseils donnés, ce qui rend la lecture agréable.

L’auteur propose également des petits encadrés pratiques qui permettent de savoir avec précision, quel moyen de transport prendre, quelles dépenses prévoir et même quels sont les horaires et jours de fermetures des sites touristiques visités, ce qui peut éviter des surprises désagréables.

Le texte propose également une description plus détaillée des lieux et sites, et explique toujours quel intérêt ils présentent pour les amateurs de manga. Pourtant , vous n’y trouverez pas forcément les plus connus et populaires, car l’auteur a eu à cœur de faire découvrir un Tokyo un peu différent des guides habituels, ce qui constitue son originalité.

Le seul petit point négatif serait peut être les photographies, assez petites (en dehors de quelques photographies de pleine page) et peu vivantes.

En conclusion, Otaku Tokyo peut se présenter au lecteur selon deux optiques:
- un guide de voyage différent et complémentaire des guides traditionnels, adressé aux futurs touristes, - un témoignage, permettant la découverte de Tokyo sous une optique différente, pour des lecteurs, qui comme moi, rêvent de le visiter un jour, sans qu’aucun projet précis ne soit encore envisagé.

Merci au forum Au coeur de L'imaginarium et aux éditions Univers partagés pour cette sympathique découverte.

Sexe, mensonges et banlieues chaudes de Marie Minelli



Sara s’ennuie et étouffe sous les contraintes de sa vie de privilégiée. Elle aspire à du changement et se met en quête de liberté.

A travers ce roman, Sara mène une rébellion plus difficile qu’il n'y parait. Elle est enfermée dans une vie entièrement planifiée pour elle (un fiancé qui ne la satisfait pas, un boulot avec belle maman). Elle n’a pas choisi ce qui lui arrive, le subit, sans pouvoir dire un mot, sous la pression d’un monde réglementé par la bienséance et les apparences. Pourtant, Sara fait preuve d’un esprit critique assez surprenant envers ce monde, et même d'un certain cynisme, puisqu’elle a toujours connu cette vie aisée et facile.

Sans doute est-ce lié à sa prise de conscience ou à son envie de liberté et d’indépendance, latentes avant même que l’histoire ne débute (le prologue est en ce sens particulièrement savoureux). Sara est donc un personnage qui évolue. L'élément déclencheur s'avère être une scène, où la jeune femme joue les voyeuses (celle ci sert de déclencheur à l’histoire). Elle y trouve l’envie et l’excitation nécessaire pour forcer le destin et trouver cette nouvelle vie tant convoitée.

Les autres personnages restent assez stéréotypés. On ne les voit pas ou peu évoluer. Dans le roman tout tourne avant tout autour de Sara. Même Djalil, son prince charmant des banlieues semble peu présent.

Amaury le riche fiancé et ses parents coincés et rigides ou les copines superficielles, apparaissent soit totalement dépravés soit totalement prudes et conservateurs, donc clairement basés sur des stéréotypes bien ancrés. Par contre, les banlieusards, même s’ils répondent aux clichés habituels, ont fait des études et se montrent professionnels.

Si les clichés employés contribuent au côté léger et amusant du roman, certains deviennent parfois pesants. D’un côté les riches malsains ou stricts et irrécupérables, trop soucieux de préserver leur petit confort personnel et de l’autre les gentils et courageux banlieusards, cela manque un peu de nuances. On regrette un peu, également, le clivage total entre les deux mondes, dont Sarah reste le seul lien. Certaines rencontres auraient pu être amusantes…

La romance entre les deux protagonistes, Sarah et Djalil, arrive de façon un peu abrupte, mais se met ensuite bien en place. L’auteur prend bien des détours pour réunir ses deux personnages, comme dans toute romance qui se respecte. Sara en bave à cause de Djalil, mais gagne grâce à cette expérience, et au contact de ses nouveaux amis, une évolution positive de sa personnalité (avec plus de tolérance, de générosité et de mordant) ainsi que son indépendance.

Dans le roman, les scènes les plus chaudes sont variées et bien écrites. La justesse des descriptions, des sensations et des émotions leur donne du cachet. Pourtant, si les lieux et les situations sont diversifiées, certaines ne se fondent pas toujours naturellement dans le contexte et paraissent un peu calculées.

Les style et le ton du roman sont agréables. La plume fluide, légère et naturelle de l’auteur, le ton humoristique et ironique, font de " Sexe, mensonges et banlieues chaudes", un livre qui se lit facilement et rapidement.


Je remercie le forum Au coeur de l'Imaginarium et les éditions La Musardine pour cette lecture.