jeudi 2 mars 2017

Osez les secrets d’une experte du sexe pour l’amour qui dure toujours, de Servane Vergy


Résumé

L’amour, le grand amour, l’amour éternel… Nous sommes encore nombreux à y croire, même s’il est évident que le couple, depuis plusieurs décennies, est en constante évolution. Un mariage sur deux aboutit à un divorce… Pour éviter ça, il faut faire des efforts. Une relation de couple, c’est comme un intérieur, des abdominaux ou un périnée : ça s’entretient ! Dans ce guide, Servane Vergy, l’experte du sexe déjà bien connue des amateurs de la collection Osez, va vous donner tous ses conseils pour que votre relation, même si elle évolue, perdure non pas par résignation, paresse ou arrangements pécuniaires, mais parce que vous le DESIREZ.

Parmi les petits guides de La Musardine, en voici un dont le titre laisse rêveur : l'amour qui dure toujours... On aimerait y croire, tout en doutant plus ou moins selon ses propres expériences, mais peut être que le livre se montre suffisamment de bon conseil pour guider les couples ou futurs couples sur cette voie ?

Mon avis

Le livre se décompose en parties très claires, proposant des paragraphes courts, titrés et permettant de retrouver sans mal les informations cherchées. Les informations et conseils s’agrémentent également de témoignages qui donnent du vivant, en partageant le vécu de personnes d'âges et univers différents.

On se retrouve ainsi guidé à travers différentes étapes, dans des parties qui suivent toujours la même organisation, donc qui proposent une facilité à la lecture et rend celle ci plus agréable. Cependant, si les chapitres sont parfois courts, voire trop courts, ils peuvent s'avérer trop superficiels, pour aborder une approche approfondie.

Les conseils sont simples, pratiques et font preuve de bon sens à défaut d'une vraie originalité.
Dans un premier temps, la relation est examinée sous l'angle de possibles nuisances : un passé trop lourd et envahissant, l'engagement avec une personne toxique. A la lecture, cela paraît simple, mais l'auteure relativise vite. En effet, rien n'est si simple (sinon ça se saurait...)

Le guide insiste aussi sur le fait que la confiance, base du couple, se construit dès le début de la relation : sans faire preuve de naïveté, il faut aussi savoir lâcher prise, sans trop se méfier, sans voir du danger dans toute situation.
Évidement, l'amour évolue et ne dure qu'un temps. Il faut savoir garder l'objectif d'un avenir commun, tout en préservant l'espace de liberté de chacun, en gérant la jalousie.
Le guide s'appuie sur ces faits mais ne nuance pas vraiment, car chaque couple a ses attentes, ses compromis : rien n'est aussi figé qu'on veut le laisser paraître dans ces conseils.

La partie de l'éveil et le prolongement des plaisirs sexuels qu'il faut varier offre une vision de la préparation psychologique et physique, privilégiant la détente, la sensualité et le piment à ajouter à relation. Celle ci détaille les gestes appropriés qui peuvent s'avérer utiles pour les novices.

Le guide aborde également le moment clé de l'arrivée de l'enfant.
Le quotidien peut menacer le couple, et il faut faire la différence entre routine toxique et routine rassurante et sécurisante. Notion tout de même subjective, je trouve, selon les couples et les personnes.

Le temps qui passe apporte aussi son lot de danger au couple. Il est alors temps de réveiller la vie sexuelle en testant d'autres choses, tels les jouets spécialisés par exemple.
Rien n'empêche de définir de nouveaux contrats, d 'établir de nouvelles habitudes, plus en phase avec l'évolution du couple. Conseil qui paraît judicieux, car chacun évolue au cours de sa vie.

Les conseils donnés sont finalement assez stéréotypés et peu nuancés, mais les couples peuvent y pêcher des idées, celles qui leur correspondent, qui leur permettent de s'adapter aux situations que réservent la vie. Chaque couple choisit la sienne, car chaque couple diffère dans leur relation et dans leurs attentes, dans leur façon d'envisager l'avenir.

Il n'y a donc pas de recette miracle pour que l'amour dure toujours, mais ce petit guide peut apporter des conseils judicieux, même si tous ne peuvent convenir à un même couple. A chacun de piocher ceux qui les aideront à faire durer leur relation sur le long terme.

Je remercie le forum Au cœur de l'Imaginarium et les éditions La Musardine pour cette lecture intéressante (même pour une célibataire endurcie telle que moi!)

mercredi 1 mars 2017

La Pierre d'Isis, de Dorian Lake T1 Isulka la Mageresse




Résumé
Isulka est une mageresse marginale, un peu vénale, mais surtout très endettée, vivotant en donnant des spectacles de magie dans des cabarets parisiens. Scipione est un spadassin vénitien comme on n’en fait plus, un reliquat du passé exilé de la Sérénissime, trahi par ses pairs et en quête de Vendetta.
Recrutés par un employeur anglais pour subtiliser une bague qu’on lui aurait dérobée, la mission se révèle sous un tout autre jour lorsqu’ils découvrent la valeur réelle et symbolique du joyau. Plus question pour Isulka et Scipione de travailler à prix bradés.
L’appât du gain les mènera de Paris au Caire, de coups bas en coupe-gorges, une course-poursuite s’engageant entre les protagonistes, des espions, des criminels et une inquiétante secte égyptienne…



Mon avis

Dorian Lake nous propose avec son roman Isulka la mageresse (premier tome de La Pierre d'Isis) un roman d'aventure teinté de fantastique, drôle et vif.

Dés le début du récit, nous voilà plongés dans le feu de l'action et on ne connaît que peu de temps morts. Même s'il prend le temps de décrire les personnages et lieux, l'ambiance générale - juste ce qu'il faut pour laisser le lecteur s'immerger - Dorian Lake laisse place avant tout à l'action, aux scènes tantôt cocasses, tantôt drôles ou percutantes. Le style fluide et efficace, des dialogues toujours naturels et piquants offrent au lecteur une lecture très agréable et même prenante, même si l'intrigue reste prévisible.

Les personnages, loin d'être des héros s'avèrent bien caractérisés et charmants de par leurs défauts qui sont nombreux... La lecture n'en n'est que plus savoureuse.

Le récit mené à la troisième personne se centre essentiellement sur deux personnages : Isulka la mageresse et Scipione l'Italien.
Isulka, loin d'être une grande dame, possède le vice du jeu, ce qui la met dans un sacré pétrin. Endettée, en proie d'un usurier pas très recommandable, elle cherche le moyen de payer ses dettes. Isulka n'est pas présentée comme une beauté, mais comme une femme charmante, marquante, ne manquant pas d'atouts et à la langue bien pendue (à la fois sa qualité et son plus grand défaut). Intelligente, pétillante, elle séduit vite le lecteur.
Scipionne l'Italien ne manque pas de se présenter sous le jour du stéréotype du charmeur Italien, surpris dans le lit d'une dame par son mari officier. Avide de vengeance, l'appât du gain l'emmène dans l'aventure avec Isulka.

Le déclencheur se présente sous les traits d'un anglais, de premier abord tout à fait banal, mais espion de la cour d’Angleterre, qui leur confie une mission plus périlleuse qu'elle ne le paraît.

Le duo Isulka-Scipione se révèle explosif, celui ci ayant le tord de sous-estimer la jeune femme, en tout bon macho Italien qu'il est. Mais celle-ci n'a pas dit son dernier mot. Heureusement, Scipione possède également plus de charme et plus de cœur qu'il ne veut bien le dévoiler. Excellent escrimeur, il se sauve ainsi de bien des mauvais pas.
Entre situations périlleuses, amusantes, trahison et amitié, les deux jeunes gens seront obligés de coopérer de façon plus ou moins directe.

L'espion Anglais reste plus difficile à cerner : entre naïveté (il donne bien trop de renseignements au duo) et duplicité (il n'hésite pas à les envoyer face au danger), on doute de sa sincérité, Isulka aussi d'ailleurs.
Aslan l'homme à tout faire du Britannique, froid mais dangereux, ne manque pas non plus de ressources et se montre fin calculateur.
Les personnages s'avèrent donc bien intéressants et les masques tombent au fil de l'intrigue.

La magie, bien présente à travers le don d'Isulka, puis de rituels plus ou moins macabres, reste plutôt bien dosée, suffisamment discrète pour ne pas étouffer l'intrigue et l'action. Parfois, elle l'est un peu trop, car la mageresse n'en n'use que très peu finalement, même si elle a bien entendu ses raisons de se montrer prudente.

En conclusion, Isulka la mageresse fut une bonne lecture, palpitante, prenante, clairement divertissante. Pas le temps de s'ennuyer !
Je serais curieuse de lire la plume de l'auteur sur d'autres écrits et lirai avec plaisir la suite des aventures d'Isulka.
Je remercie le forum Au cœur de l'Imaginarium et Les éditions Lune écarlate pour cette très bonne lecture.

mardi 28 février 2017

Cheveux de feu, de Sylvie Wolfs



Résumé

Une épopée pleine de vent, de fureur et de mystère. Une quête de liberté et d'identité. Une histoire de courage, celui d'une femme flamboyante et rebelle. Mais plus que tout, une grande histoire d'Amour qui marquera à tout jamais une légende à naître : celle de la Femme-Louve.
Violente et flamboyante, telle est l’écriture de Sylvie Wolfs, telle est cette saga.
Jamais l'Irlandaise et le Sioux n'auraient dû se rencontrer. Entre eux, un océan. Des océans... 1845. Jewell O'Connor et Zuzeca Cik'ala Iyasni ne sont encore que des enfants, mais déjà ils luttent pour leur survie dans un monde qui s'effondre. Pour elle, la famine. Pour lui, la guerre. Pour eux deux, la barbarie.
Au fil des bonheurs, des apprentissages, des drames et des épreuves, ils cheminent l'un vers l'autre. L'Irlande de la Grande Famine, le New York des gangs, l'Amérique de la conquête de l'Ouest, les grandes plaines sauvages et ses tribus indiennes.



Mon avis


Dans son roman « Cheveux de feu - La légende de la femme Louve », Sylvie Wolfs nous présente deux personnages, issus de deux milieux différents, mais que le destin va réunir. Rien pourtant ne s'y prête : aucun lien entre Jewel et Petit Serpent Immobile, issu d'une tribu indienne.
Même si la vie leur apprend la perte et la douleur, leurs univers et cultures totalement différents les séparent. Pourtant tous deux se montrent courageux face aux épreuves de la vie. Celle de Jewel s'avère beaucoup plus sordide. Entraînée dans un monde de misère et de prostitution, elle ne peut compter sur sa mère, femme mauvaise et jalouse, qui s'arrange pour la briser. Petit Serpent immobile, de son côté, peut toujours compter sur sa tribu pour le soutenir, cela malgré les pertes d'être chers et la souffrance.

L'auteure met bien en place l'ambiance pour décrire la vie des deux jeunes gens et apporte du réalisme dans le récit. S'attacher à eux n'est pas difficile : on tremble pour Jewel, souffre avec elle et on découvre avec plaisir la culture et les coutumes du jeune sioux. Les émotions distillées dans des moments simples de la vie quotidienne, bonnes ou mauvaises, apportent d'autant plus de crédibilité à l'ensemble.

Le roman déroule, devant nos yeux, la vie des deux personnages. Le parallèle entre eux amène le lecteur à se demander où va le récit, si les deux jeunes gens vont se rencontrer enfin. Les conflits entre Américains et Indiens (bien présentés et nuancés, ce qui fut appréciable à la lecture, même si on ne peut que prendre parti pour les personnages et les tribus indiennes) vont les réunir dans la lutte.

Jewel devient « Cheveux de feu ». La jeune fille, anéantie mais courageuse, qui a dû faire face au pire, devient vite essentielle, redoutable et intrépide au sein de la tribu : une femme sur laquelle on peut compter. L'évolution de celle ci à travers le récit s'avère la plus poignante. Elle trouve parmi les indiens son rôle, celui qu'elle doit jouer et qui lui rend sa dignité perdue. C'est une renaissance.
Dans ce sens, la couverture illustre bien cette transformation.

Le quotidien parmi les indiens nous révèle également leur respect de la vie et de la nature, leur perception de ce qui est sacré. Ils savent prouver leur code d'honneur et leur bravoure. Même si on connaît l'issue fatale (pas de suspense sur ce point, même si l'auteure ne l'évoque pas par respect et cohérence pour le récit), on se prend à espérer à une variante plus heureuse de l’histoire, éprouvant une nostalgie pour cette culture et cette sagesse perdue.

Le récit fluide emporte le lecteur avec facilité. Le style riche et précis se révèle poétique. La plume agréable de l'auteure apporte un plus indéniable à une intrigue déjà riche et intéressante.

En conclusion, j'ai tout aimé dans ce ce roman : les personnages, l'ambiance et le style. Même si l’intrigue prend le temps de réunir Jewel et Petit Serpent, leur infligeant bien des mésaventures et pertes, on apprend à les connaître et les apprécier. La force de Jewel et la culture indienne sont les deux points qui m'ont le plus transportée dans l'histoire. Le récit fut d'autant plus agréable à la lecture, grâce au style riche et poétique.
Une excellente lecture au final, et même un coup de cœur.
Merci au forum Au cœur de l'Imaginarium et aux éditions L'Ivre-book pour cette très belle découverte.

mercredi 8 février 2017

Dimension Sidération, de Collectif


Résumé

Né de l'imagination de Serge Lehman, dont l'un de ces recueils porte le titre, La Sidération attire de nouveaux auteurs, comme le prouve cette anthologie dirigée par Noé Gaillard.

Vous avez, un jour, été complètement stupéfié par quelque chose auquel vous n'aviez absolument pas pensé, que rien, jusque-là, ne vous avait préparé à admettre, à envisager... A moins que, comme le personnage de la première nouvelle ici proposée, vos préoccupations ne vous aient tout simplement fait accepter cet "impensé" pour du normal... du convenu implicite... Ainsi, on peut trouver sidérant aussi bien ce que l'on n'avait pas imaginé, que l'incapacité à imaginer. Alors, surgissant des ténèbres, de l'au-delà de la nuit, l'auteur vous offre de quoi être stupéfait et vous aide à imaginer son monde pour qu'au gré de la lecture, plus rien de ce qui est raconté ne vous surprenne... pour de douces sidérations.


Mon avis


Dès la préface, le ton humoristique introduit l'ironie que l'on retrouve dans l'anthologie : ironie caricaturale ou plus dramatique, selon l'histoire lue.
Elle apporte également des éléments d'informations sur le thème de la sidération : ce qui est stupéfiant, que l'on trouve difficile ou incapable à imaginer. Elle invite alors le lecteur à entrer dans le récit et à se laisser porter par le texte. On comprend bien mieux l'implication de ces conseils à la lecture de l'anthologie.
Comme pour chaque édition des anthologies « Dimension... » chez Rivière Blanche, les nouvelles sont présentées avant la lecture, pour préparer le lecteur. La présentation de l'auteur reste située à la fin et n'alourdit pas l 'ensemble.

La narration des nouvelles proposées se fait largement à la première personne. Dans l'une d'elle, le mélange de la première et troisième personne prend son sens. Quelle que soit la narration adoptée, elle est choisie avec logique et stratégie. Le but reste d'emmener le lecteur, de lui faire perdre ses repères en même temps que le personnage, voire jusqu'à la folie. Le doute est toujours permis à la première personne, celle de la vision rapportée du personnage. Il piège le lecteur, l'emmène dans la fiction, l'installe dans la sidération.
Les personnages possèdent un rythme différent. L'immersion peut être directe ou il peut mettre du temps à se dévoiler, de manière naturelle, par jeu, pour faire durer le suspense.
La plume des différents auteurs, toujours fluide, se révèle parfois plus riche, et même poétique.

Faire entrer le lecteur dans la sidération, c'est aussi le mener au sein de la fiction, lui faire accepter l'anormalité, l'irrationnel comme la réalité. 
Les nouvelles de SF ou fantasy s'appuient sur des descriptions détaillées et un vocabulaire bien précis, pour rendre le récit visualisable, vivant et réaliste.
Les mises en situations bien amenées entraînent dans des intrigues mystérieuses, caricaturales, parodiques. Parfois, le lecteur tombe dans un délire bien construit, ou alors n'ayant ni queue ni tête et restant agréable à la lecture. Ce gentil fouillis, parfois noyé sous une profusion de personnages, plaît, même si le sens peut vite échapper au profit de l'incompréhension. C'est totalement subjectif, selon le lecteur : la magie ou plutôt la sidération prend ou non.
Dans cette logique, on retrouve également deux histoires, où des segments de récits sont imbriqués de manière aléatoire, tout en restant logiques : un puzzle intéressant à reconstituer (il faut juste s'accrocher pour suivre le fil)

L'ironie se retrouve donc dans la narration, mais également dans le retournement de situations ou des rôles des personnages (stéréotypes inversés), tout à fait plaisants à la lecture. 
Ce retournement se retrouve également au niveau de l'intrigue, dans les chutes proposées qui bien souvent servent à surprendre et sidérer le lecteur (et souvent le personnage). Il confère la dimension surréaliste (sidération) de l'intrigue et des nouvelles. Parfois, la chute ne vient pas malgré l'attente et il semble manquer quelque chose, même si le récit reste sympathique à la lecture. 
Mais quand elle tombe, qu'elle soit la grâce de Dieu (ironie inside, Dieu possède un bon sens de l'humour (noir) visiblement), ou pour la plupart une bonne dose de mystère, elle s'avère le plus souvent parfaitement réussie.

La sidération s'insinue également dans les nouvelles, de façon plus précise.
Des entités (ennemies ou alliées) défient l'imagination par leur forme, leur nature, leur originalité. Qu'elles soient créatures extra-terrestres, ou à l'échelle d'une planète, d'un système, ou simples anomalies dans la « réalité », elles diffèrent de tout ce que l'on peut connaître, sidèrent ou causent l'état de sidération (de pétrification). Les symptômes des personnes sidérées divergent selon les situations, mais se rejoignent sur le plan clinique (la définition médicale de sidération).
On aime visualiser comme dans un film les créatures hors normes, éloignées de tout ce qui semble conventionnel, défiant même les limites de la fiction. La réalité s'efface et c'est bien un voyage en Dimension Sidération qui transporte le lecteur. L'efficacité de l'évasion annonce un retour difficile à la réalité pour les personnages, comme pour le lecteur.

En conclusion, les nouvelles de l'anthologie Dimension Sidération m'ont touchée de manière inégale : très fortement pour certaines, moins pour d'autres, voire pas du tout, pour celles à côté desquelles je suis passée (ce n'est que subjectif, ce peut être mon inculture sur certains sujets qui est en cause ici). 
Ce n'est pas une anthologie entièrement accessible et encore de façon très subjective, mais tellement fascinante qu'il ne faut pas passer à côté.
De très bonnes lectures au final ! Je remercie Rivière Blanche et Au cœur de l'Imaginarium pour cette très intéressante découverte.


dimanche 15 janvier 2017

Défi de janvier "Contes" : Charme de Sarah Pinborough


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Défi de janvier sur le forum Au coeur l'imaginarium :  ici !


Résumé
L'histoire de Cendrillon revisitée, dans une magnifique édition illustrée : prenez cette fois un laquais sous le coup d'un sortilège, deux sœurs affreuses, un bal magique et une romance enchantée... et découvrez l'histoire de Cendrillon telle qu'elle aurait toujours dû exister !


Mon avis

Charme est le deuxième tome d'une trilogie inspirée de contes traditionnels populaires. Ma lecture se réalise donc dans le désordre, puisque je l'ai commencée par ce tome. 

Celui ci s'inspire du conte de Cendrillon, tout en extrapolant et changeant subtilement les détails. Le "conte" devient plus nuancé, réaliste et plus chaud aussi ! Ne le cachons pas, il ne s'adresse pas aux enfants et certaines scènes, sans être vraiment excessives, n'en sont pas moins explicites. 

L'histoire s'en trouve donc plus nuancée, avec une Cendrillon pas aussi gentille et sage que dans le conte d'origine. Loin de là ! Elle peut même se montrer bien garce, par sa jalousie et son ambition, même si elle n'est pas mauvaise dans le fond. Sa belle mère, la marâtre, certes peu sympathique, ainsi que ses belles sœurs ne s'avèrent pas non plus aussi idiotes et méchantes qu'on ne le pensait. Le prince, lui aussi, ne se révèle pas vraiment charmant au final. 

Le lecteur peut donc réfléchir et relativiser, en comparant les deux contes.
Les vérités ne sont pas toujours bonnes à entendre, mais rétablissent un équilibre dans le récit un peu trop propre de notre chère "Cendrillon" . D'ailleurs, nous avons sans doute tous en tête cette image, quand nous évoquons la demoiselle:

Cendrillon(Disney)

Une jolie version, vite démentie par Sarah Pinborough, pour notre plus grand plaisir et qui rend le personnage moins parfait et plus sympathique à nos yeux d'adulte. (on a tout à fait le droit d'adhérer aux deux versions aussi ! :) )
Je retiens cette phrase qui fait sourire au détour d'une conversation entre Cendrillon et sa sœur: "Cendrillon, la vie n'est pas un conte de fée."...

Le récit fait également référence à d'autres personnages de contes admirés ou craints, instaurant ainsi de petites sous-intrigues qui se greffent à la principale. Ces clins d’œil et allusions apportent du piment et ravissent le lecteur.

L'ironie, la légèreté du ton et le détournement presque insolent du conte traditionnel contribuent à une lecture plaisante. Le style est fluide, le récit bien mis en place.
Pourtant, l'histoire reste sans surprise et les sous-intrigues sont vite négligées et expédiées au profit de la principale, elle aussi un peu trop vite et facilement résolue à mon goût. 

L'épilogue, par contre, qui pourrait paraître bien scandaleux aux yeux des puristes, reste savoureux !

Malgré ces petits défauts, la lecture n'en reste pas moins cohérente et agréable, propice à une bonne lecture-détente. 
Je pense lire les deux autres tomes, car celui ci a su éveiller ma curiosité.