mercredi 5 mars 2014

Le voyage de Nambu - Tony Hemery

Je remercie les éditions Sudarenes et le forum Have a break Have a book pour cette agréable découverte.


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résumé:
Ceci n’est pas un roman ordinaire… Découvrant une quête de soi et de paix dans un univers asiatique aux contours discrets, « Le voyage de Nambu » se révèle être une œuvre à méditer, un récit au message spirituel qui ne demande qu’à vous imprégner, vous ouvrir les yeux sur votre moi et vos capacités. Entre le héros et vous, les frontières iront donc en s’amenuisant. L’auteur ponctue le roman d’exercices de méditation que le lecteur aura loisir à pratiquer au fil de l’histoire.
Mon avis:
Ce roman diffère de mes lectures habituelles et je ne peux que difficilement me détacher de mon ressenti pour l’évoquer, puisqu’à travers son récit et les exercices proposés l’auteur sollicite le lecteur et l’incite à partager Le voyage de Nambu. En effet, ce conte initiatique propose avant tout une exploration de soi. Chaque lecteur aura d’ailleurs une lecture du roman totalement différente, selon son vécu, en fonction de sa perception de lui-même ou de ses propres expériences méditatives.
Le roman repose sur une intrigue assez basique: un jeune homme poursuit un objectif, devenir éclaireur (c'est à dire celui qui aide les autres à "révéler leur potentiel" et à "se réaliser sur terre"), et qui suit l'enseignement de son maître pour y parvenir. Loin de le desservir, ce choix de l’auteur permet de se concentrer sur les réflexions de Nambu. Comme elle se déroule lentement, les échanges, rencontres et découvertes de celui-ci s’y insèrent aisément et suivent un cheminement progressif intéressant. De plus, l’auteur prend le temps d’analyser, décortiquer les pensées du jeune homme, les place à la portée du lecteur. Malgré mon manque d’aisance sur le sujet abordé et malgré mes difficultés à entrer dans la lecture, j’ai vite trouvé mes repères dans le livre.
Les relations entre personnages correspondent également à des schémas connus et facilement intégrés (voire rassurants): Nambu l’élève, Oktan son maître qui le guide à travers son voyage et Nemi qui offre la touche maternelle. Les personnages secondaires ne sont pas de moindre importance, puisqu’ils aident Nambu dans sa réflexion en posant des questions, ou en lui proposant des éléments de réponse, mais ils n’interviennent qu’au service du voyage et n’influent pas sur l’intrigue, qui suit tranquillement son cours.
L’auteur, à travers ce roman, cherche à améliorer non pas notre connaissance du monde, mais notre perception de nous même. Pourtant, même si le récit privilégie la réflexion à l’action, les chapitres suivent une progression précise et ne se lisent pas indépendamment les uns des autres.
Ici encore, l’auteur facilite notre lecture, en instaurant une régularité dans leur présentation.
Chaque chapitre débute par un titre et une phrase d’accroche (qui résume, questionne, répond, conseille…) toujours pertinente. Suit le récit du voyage de Nambu. Puis l’auteur propose des exercices en rapport avec le récit précédent (mais ce n’est pas systématique). J’avoue ne pas avoir fait les exercices, car je ne voulais pas couper ma lecture, mais je les reprendrai lors d’une prochaine relecture. Ceux-ci sont clairs et bien expliqués, bien que parfois un peu trop abstraits à mon goût (je ne comprends pas toujours comment parvenir à réaliser les consignes proposées), ils me semblent tout de même à la portée de toute personne curieuse, même néophyte qui pense tenter l’expérience.
Les chapitres courts, nombreux et aérés apportent également du dynamisme au roman, et par conséquent de la légèreté au message de l’auteur. Malgré mes craintes face au sujet proposé (bien loin de mes lectures habituelles), je ne me suis pas ennuyé un instant et ce fut un plaisir de tourner les pages pour découvrir un nouveau chapitre.
Le style de l’auteur clair et fluide, sans lourdeurs ou excès, contribue également au plaisir de la lecture. Les descriptions sont soignées, les dialogues crédibles et bien menés.
Le style est à l’image du message que veut transmettre l'auteur: fort et tranquille.
En conclusion, j’ai découvert un roman bien construit, dont le rythme, le style, l’intrigue, et les personnages forment un ensemble cohérent. Ils donnent à la lecture de la clarté et un côté naturel et tranquille que j’ai apprécié. Je ne me limiterai pas à une seule lecture. Le roman appelle à une lecture multiple: pour découvrir, redécouvrir, approfondir l’exploration. Je pense tout de même qu’une lecture sur support papier serait préférable à une lecture numérique pour faciliter ce retour au récit et aux exercices.
Remarque : la fin un peu abrupte du roman (un peu frustrante, je l’avoue) annonce la suite du voyage de Nambu et un deuxième tome à venir…

Radu Dracula - Philippe Lemaire et Philippe Ward


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Résumé
L'intrigue de ce premier opus conduira Radu Dracula de son repaire transylvanien à la Constantinople moyenâgeuse, avant d'y retourner quelques centaines d’années plus tard, alors que la ville s’appelle désormais Istanbul.  Durant toutes ces années, il découvrira ses nouveaux pouvoirs, mais aussi les désagréments qu'ils engendrent.
Philippe Lemaire et Philippe Ward nous offrent ici une nouvelle version du Comte Dracula, fruit de plusieurs années de recherches.
Vous pensiez tout savoir sur le plus célèbre des vampires, vous n’avez encore rien lu.


A lire si on aime
Un style soigné
Un récit rythmé et dynamique
Un authentique vampire sombre et classe

A éviter si on cherche
Un vampire à la sauce Twilight
De la bit-lit

Mon avis
Je remercie le forum Have e break Have a book, ainsi que les éditions L'Ivrebook pour cette belle découverte vampirique !

Philippe Lemaire et Philippe Ward nous proposent leur version du mythe de Dracula. Pour eux, le Dracula que nous connaissons si bien aujourd’hui n’est autre que Radu, frère de Vlad Tepes (surnommé l’empaleur, célèbre pour sa violence et ses actes sanglants, à l’origine du mythe de Dracula).
Dans ce premier tome, les auteurs nous présentent Radu: sa condition d’homme, sa vie -inspirée de faits historiques réels-, sa mort - véritable déclencheur du récit-, son pacte avec le diable, qui lui promet la toute puissance et son retour sur terre en échange d’une quête qu’il mènera pour lui: retrouver le sang du Christ. Ainsi commence son existence de non-mort ou vampire.

La plume des auteurs captive dès le début. Impossible de décrocher. L’intrigue , même si elle n’est pas forcément originale, est très bien ficelée. Des chapitres courts offrent un récit dynamique. La narration à la première personne, qui permet de comprendre les conséquences du pacte sur Radu, offre de la profondeur à l’intrigue et au personnage (seuls quelques chapitres sont du point de vue des proches et ennemis de Radu et s‘insèrent dans le récit avec naturel, pour fournir un regard extérieur).

Si j’ai aimé le rythme de ce premier tome, j’ai également apprécié sa réflexion sur l’état vampirique. On est loin des vampires en vogue actuellement (version bit lit). Les auteurs nous offrent un véritable retour aux sources : Radu est un vampire traditionnel et charismatique : sombre, froid, parfois cruel (même si jamais gratuitement), il ne supporte pas la lumière du soleil, ne se reflète pas dans les miroirs, et possède le pouvoir de se transformer en chauve-souris. Il suscite une admiration mêlée de peur.

Le plus du récit: les auteurs se basent sur des faits historiques réels. La richesse et l’abondance des détails m’ont poussée à faire quelques recherches sur le net (je connaissais le personnage Vlad l’empaleur, mais j’ignorais le grandes lignes de sa vie). Je reste admirative devant la capacité des auteurs à insérer ces faits dans l’intrigue, tout en conservant sa cohérence et sans l’alourdir, mais en suscitant au contraire l‘intérêt du lecteur.

En conclusion: j’ai dévoré ce premier tome avec enthousiasme. Impossible de lâcher, une fois commencé. J’attends la suite avec impatience !

Les crocs de la forêt- Cédric Citharel




Les crocs de la forêt, de Cédric Citharel


Merci au forum Have a break Have a book et aux éditions L'Ivre-book de m'avoir permis de lire la suite de "Les morts-vivants ne font pas la queue dans les grands magasins"

A lire si on aime
- les mystérieuses transformations
- un style fluide

A éviter si on cherche
- un texte long
- un ton léger

Les crocs de la forêt, deuxième nouvelle de la série Les morts-vivants ne font pas la queue dans les grands magasins, n’est pas une suite à « On torture bien les animaux », mais une nouvelle dont le thème principal est également la transformation.

On retrouve avec plaisir la plume fluide et agréable de Cédric Citharel et une narration à la première personne toujours aussi maîtrisée.
Cette fois pourtant, ce n’est pas le narrateur qui subit la transformation, mais son ami Sébastien.
Le récit est essentiellement basé sur les pensées du narrateur et expose sa réflexion sur l’évolution de son ami. En effet, il s’agit en fait un flashback des évènements passés: il se remémore leurs rencontres qui marquent les différentes étapes de transformation, et essaie de comprendre ce qui peut être arrivé à son ami. Il évoque les émotions qui l’ont traversées à l’époque et ses regrets actuels (teintés d’un soupçon de culpabilité).
Le narrateur a connu Sébastien lors de son service militaire. Celui-ci apparaissait déjà comme un personnage atypique, plus proche de la nature que des coutumes d’une société qui privilégie l’amusement aux ballades en forêt. Quand il le retrouve après son service militaire, celui-ci a quitté l’armée et s’installe dans la forêt pour vivre en marge d’une société où il ne semble pas trouver sa place. Ce retour aux source au sein de la nature le change: s’il retrouve ses instinct primaires, perd peu à peu tout contact avec la société.
Face à ce comportement le narrateur exprime d’abord son envie quand il découvre le nouveau mode de vie naturelle et libérée de son ami, pourtant la peur s’installe peu à peu.
La mise en place de la transformation et en parallèle les émotions et réactions du narrateur sont bien mis en place, mais distillent plus de mystère que d’informations. Même si on ne trouve aucune explication à ce soudain changement, la magie opère et on reste scotché du début à la fin de la nouvelle.

En conclusion: j’ai vraiment beaucoup aimé cette nouvelle (je l’ai même préféré à On torture bien les animaux). Le style de Cédric Citharel et ces deux nouvelles donnent vraiment l’envie de découvrir d’autres livres de l’auteur.

On torture bien les animaux- Cédric Citharel


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On torture bien les animaux - Les morts-vivants ne font pas la queue dans les grands magasins 1 de Cédric Citharel
Je remercie le forum Have a break Have a book et les éditions l'Ivrebook pour cette agréable lecture.


A lire si on aime :
- une approche différente des mort-vivants
(ou Non-vivant, terme que préfère le personnage principal)
- suivre le point de vue d’un personnage sombre

A éviter si on cherche :
- un texte long
-un ton léger

Si on a l’habitude de partager les aventures des survivants dans les histoires de zombie, Cédric Citharel prend le parti de nous proposer le point de vue d’un des morts-vivants. En effet, il nous invite à travers cette nouvelle, à suivre un personnage sans nom, dans deux parties bien distinctes de son existence: sa vie et sa non-vie.
Le lecteur se retrouve vite scotché, grâce un style vif et agréable et une narration à la première personne maîtrisée. Dès le début le ton est donné : l’auteur présente le corps pourrissant du non-vivant, son attitude d’immortel blasé, évoque brièvement ses victimes et donne l’envie au lecteur d’en savoir plus sur son parcours. On apprend ensuite à mieux le connaître : par le récit de son existence actuelle, mais d’abord par les souvenirs de sa vie antérieure, écrits sur un petit carnet qu’il a conservé.
J’ai apprécié le contraste entre ces deux facettes du personnage : homme ordinaire pendant sa vie, il change brutalement après sa mort, assume sa part d’ombre et se libère de toute conscience. L’histoire sombre alors dans l’horreur…
Si l’auteur expose les circonstances du changement chez le personnage, il n’approfondit pas ce point, et j’avoue que ce flou concernant le processus de transformation m’a un peu déçue.
Malgré ce léger manque, Cédric Citharel a su établir la noirceur du personnage : on apprécie sa plume efficace, qui met bien en place les descriptions et le ressenti lors des scènes les plus sombres. L’atmosphère est également très bien transcrite.

En conclusion: Cédric Citharel nous offre une approche différente des mort-vivants qu’on lit avec plaisir et qui donne envie de suivre le personnage, malgré sa noirceur et sa haine des humains… Dommage que ce soit aussi court, car la fin a piqué au vif mon intérêt et j’aurais aimé en savoir plus.

dimanche 26 janvier 2014

Evariste d'Olivier Gechter




A lire si on aime

Un personnage principal attachant

Une complémentarité entre phénomènes paranormaux et technologies nouvelles

Un récit teinté d’humour et d’ironie

Un style fluide

A éviter si on cherche

Une approche traditionnelle de l’occulte

Une intrigue complexe


Je remercie le forum Have a break Have a book et les éditions Lokomodo pour cet agréable moment de lecture passé avec Evariste .

Comme le laisse présager le titre et le résumé, le livre est centré sur le personnage d’Evariste.
Evariste, qui vient de lancer un cabinet d’ingénierie en occultisme industriel et commercial, se définit lui-même comme quelqu’un de moyen. Mais, s’il se défend d’être un héros, ce personnage est un vrai gentil. Impossible également de le considérer comme un quelqu’un d'ordinaire, puisqu’il maîtrise et manie l’occulte avec talent. Malgré ce pouvoir, il reste pourtant si humain, qu’on s’attache facilement au personnage. Il est plaisant de suivre ses aventures et son parcours semé d’embuches: il connait aussi bien les échecs que les réussites. Sa débrouillardise et sa ruse lui permettent de sortir des situations difficiles, mais Evariste trouve toujours un ami pour venir le sortir d’un mauvais pas, que ce soit du monde des esprits ou parmi les vivants. On ne resent pourtant pas de facilité dans ces interventions providentielles, car le pauvre Evariste n’est jamais épargné.

La narration menée à la première personne nous entraîne avec un humour tantôt loufoque tantôt décapant, mais toujours teinté d’ironie.
On apprécie les dialogues intérieurs du personnage toujours drôles, les notes de bas de page qui proposent des anecdotes amusantes et soulignent l’ironie de la situation évoquée. Olivier Gechter joue avec les métaphores, multiplie les clins d’œil et allusions diverses. Il lui arrive même d’user et abuser des stéréotypes, mais avec pertinence et sans lasser le lecteur pour autant.
Les alliés et amis d’Evariste sont également plutôt comiques, voire mystérieux pour certains. Mais, ils sont plus nuancés et percutants que leurs ennemis, qui sont traités avec moins de profondeur. Leur objectif, au début dissuader Evariste d’embaucher une personne extralucide, se résume ensuite à la simple volonté de le détruire : plutôt basique et léger pour expliquer la hargne, l’énergie et les moyens déployés pour nuire au héros. Les adversaires d’Evariste n’échappent pas non plus à la caricature: que ce soit la riche comtesse excentrique, son dandy d’homme de main , ou leurs sbires, seuls deux mots viennent à l’esprit pour les qualifier : bêtes et méchants.

Se plonger dans le roman, c’est également s’immerger dans un quotidien où l’occulte s’imbrique dans la réalité avec naturel.
Le paranormal fait parti de la vie d’Evariste, de son quotidien. La théorie de l’occulte proposée par Olivier Gechter paraît également très cohérente. Les phénomènes occultes sont expliqués de manière détaillée et claire. Ils sont originaux, et accompagnés de références, qui leur donnent une certaine crédibilité. L’auteur les lie avec ingéniosité aux technologies nouvelles : complémentarité appréciable qui fait d’Evariste un sorcier moderne.

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce plongeon dans un monde où réalité et surnaturel se côtoient sans s’opposer. J’ai souri plus d’une fois, parfois même ri de bon cœur et j’avoue être tombée sous le charme d’Evariste. Ce livre est une belle découverte, mais aussi mon premier coup de cœur de l’année !